Gabon: «90% des transferts d’argents vont à l’étranger»

Joël Damas Administrateur directeur général de MoneyGram services Gabon © D.R

Alors que les usagers de services de transferts d’argent se retrouvent dans une impasse depuis de nombreux mois, un autre aspect du problème vient d’être soulevé par Joël Damas Administrateur directeur général de MoneyGram services au Gabon. Ainsi, ce dernier, dans une interview accordée au quotidien L’union, a mis en avant le fait que le Gabon soit considéré comme un « pays nets envoyeurs » où « 90% des transferts d’argents sont des envois à l’étranger ». 



Si l’analyste économique Mays Mouissi a récemment indiqué au sujet des difficultés liées aux transferts d’argent, que ce n’est que « la partie émergée d’un problème plus large qui affecte également les flux internationaux de l’ensemble des établissements bancaires », et « qu’il s’agit de la raréfaction des devises dans le système bancaire et financier sous-régional », Joël Damas a récemment pu renchérir, en évoquant un autre aspect.

En effet, dans une longue interview accordée à L’Union, Joël Damas a d’abord reconnu que « les clients sont soumis à des plafonnements d’envoi, notamment pour les opérations de transfert d’argent ». Avant d’ajouter que cette situation, « n’a rien à voir avec une mesure du gouvernement, et que les mesures de plafonnement ont été prises, pour le cas de MoneyGram, par MoneyGram international ».

En plus de ces aspects internes à son entité, l’Administrateur a tenu à rappeler le cas particulier du Gabon. Considéré comme un « pays nets envoyeurs » avec pas moins de « 90% des transferts d’argent qui sont des envois à l’étranger ». Avec plusieurs dizaines de milliers d’étudiants inscrits à l’étranger, le Gabon effectue donc plus d’envois.

Par ailleurs, le manque de dynamisme de la diaspora en matière de transferts de fonds, peut également expliquer l’importance de ces envois. Or, ce déséquilibre causé par cette situation, conduit Money Gram et les autres opérateurs, à « un besoin de rapatriement de ces devises ». De plus, les banques locales garantes du bon fonctionnement de ces activités « n’ont pas la capacité d’acheter autant de devises », d’où le plafonnement des envois, pour créer un équilibre.

Si la situation n’est pas prête de trouver une issue favorable au regard du contexte économique actuel, il apparaît clairement que le problème est bien plus important qu’il n’y paraît. Avec une taxe sur les transferts d’argent passée de 1,5 à 3% en Septembre dernier, la situation pourrait encore perdurer au grand dam des usagers.

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