Gabon: 9 milliards de Fcfa par an pour les voyages en classe affaire des agents publics

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Les mesures d’austérités prises par le gouvernement dans le but de réduire les dépenses publiques ont au moins un mérite, c’est de révéler des informations qui jusque là étaient bien gardées. Ainsi, déclinant le plan d’action du gouvernement, Jean Fidèle Otandault a indiqué que la suppression des voyages en classe affaire permettrait à l’Etat d’économiser pas moins de 9 milliards de Fcfa par an.

C’est donc une révélation de plus concernant la gestion des finances de l’Etat qui a été faite par le ministre d’Etat en charge du Budget et des Comptes publics, Jean-Fidèle Otandault. En indiquant que la suppression des voyages en Première classe au profit des classes «Business, Premium ou Eco» va permettre de faire des économies de l’ordre de 9,1 milliards de francs par an, ce dernier reconnaissait dans le même temps que l’Etat dépensait au minimum 9 milliards de Fcfa par an pour les voyages en classe affaire.

En effet, ce chiffre bien que non exhaustif car ne prenant en compte que les agents publics d’un certain niveau, rapporté aux 9 dernières années permet de se rendre compte que l’Etat gabonais a dépensé un minimum de 81 milliards de Fcfa pour faire voyager ses agents publics. Si ce chiffre est aussi aberrant, c’est parce que que ces agents étaient souvent de simple conseillers ne nécessitant pas forcément le confort d’un ministre.

En outre, l’audit réalisé en 2010 puis en 2013 avait déjà permis de se rendre compte que ce poste de dépense nécessitait «un recadrage». D’ailleurs si on se réfère aux textes en vigueur notamment le décret 001387 du 10 octobre 1991 qui stipule «que tout agent public qui va en mission doit disposer d’un titre de transport touristique», les voyages en classe affaire étant exclusivement réservés «aux ambassades, aux présidents des corps constitués, aux membres du gouvernements, au secrétaire général de la présidence de la République, au directeur de cabinet du président de la République, au secrétaire général du gouvernement et  au directeur de cabinet du Premier ministre».

En plus d’une gestion calamiteuse, c’est donc une violation des textes de lois en vigueur qui a été sciemment orchestré par nos autorités qui aujourd’hui se muent en pompiers-pyromanes. A croire que ces mesures d’austérités consacrent réellement « la faillite de notre économie ».  

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