Gabon: 51 milliards détournés par des responsables de la DGDI entre 2005 et 2018

Direction Générale de la Documentation et de l'Immigration © D.R

Le rapport de la Cour des comptes remis au mois de septembre dernier au président de la République n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre et de salive au sein de l’opinion. Après les révélations sur la distraction de 20 milliards de Fcfa au ministère du Pétrole et des Hydrocarbures, ledit document fait également état d’irrégularité dans la gestion des recettes à la Direction générale de la Documentation et de l’Immigration (DGDI).

Selon ce rapport de synthèse adressé au Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba, des graves irrégularités ont été observées au terme de l’audit diligenté par ses soins qui s’appuyait sur la période allant de 2005 à 2018. Durant ces années et même jusqu’à présent, une grande partie des recettes enregistrées par la DGDI ne serait pas « reversée à l’agence comptable dudit organisme mais plutôt dans un compte bancaire ouvert à la BGFI Bank ».

Une procédure qui viole les dispositions légales en vigueur en la matière notamment le décret n°15/PR/MINECOFIN du 6 janvier 1976 portant règlement général sur la comptabilité publique qui dispose , en son article 21, que « les fonds publics sont obligatoirement déposés au trésor, sauf dérogation autorisée par le Ministre de l’économie et des finances. Ils ne sont pas générateurs d’intérêt et ils sont insaisissables ».

Ainsi, ce serait la faramineuse somme de cinquante et un milliards neuf cent quatre-vingt-neuf millions sept cent cinquante-deux mille quatre cent trente cinq (51 989 752 435) Fcfa qui aurait été redirigée sur ce compte non officiel. Pis la distraction des recettes issues de l’établissement des passeports, de la délivrance des visas et aux autres activités d’immigration aurait été distrait par « des dirigeants successifs mais également à l’encontre des personnels dudit organisme ».

Toute chose qui aurait amené d’ailleurs les juges à ouvrir de nombreuses procédures de déclaration de gestion de fait, de débet et d’amende contre ces « criminels financiers ». Au vue de ces observations, il serait donc judicieux que les juridictions en charge d’enquêter sur les crimes financiers en l’occurrence la Cour criminelle spéciale s’empare de ce dossier qui révèle des faits très graves.

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