Gabon : 500 millions de FCFA pour le cinquantenaire d’une Université Omar Bongo à l’agonie

Gabon Gabonmediatime Université Omar Bongo Libreville
Université Omar Bongo à Libreville © D.R.

Installations vétustes, conditions matérielles difficiles, nombreux problèmes d’enseignants, grèves récurrentes des étudiants, à bien des égards l’université gabonaise qui fut jadis l’une des plus réputées de la sous région est aujourd’hui au bord du gouffre. Malgré ces nombreux maux, son recteur souhaiterait célébrer avec faste son cinquantenaire en y investissant la bagatelle de 500 millions de FCFA.


C’est l’une des informations contenues dans le courrier adressé par le Coordinateur général des affaires présidentielles Nourredin Bongo au ministre de l’enseignement supérieur Moukagni Iwangou. En soulignant que la présidence de la République « possède certaines informations sur le fonctionnement des universités nationales », le coordinateur général a mis en exergue ce qui apparaît comme une dépense pour le moins superflu.

En effet, à l’approche du cinquantenaire d’une Université Omar Bongo (UOB) en crise depuis plus de 20 ans, le recteur s’apprêtait à organiser avec faste, une célébration dont le budget mis en place devait s’élever à 500 millions de FCFA. Une situation rapidement tuée dans l’oeuf par le Coordinateur qui a invité le ministre de tutelle à « rappeler à l’ordre le recteur de l’UOB ». 

Si la célébration de ce cinquantenaire aurait sous d’autres cieux pu être toléré, dans le contexte dramatique actuel cette information souligne plutôt l’incohérence d’un rectorat qui préfère laisser croupir ses étudiants dans des conditions matérielles et d’enseignements difficiles, alors même que ces derniers ont été contraints de payer plus cher leur scolarité.

Créée en 1970, soit tout juste une dizaine d’années après la vague d’indépendances qui a secoué l’Afrique, pour accueillir quelques centaines d’étudiants, l’UOB est devenu en 50 ans un panier à crabes accueillant pas moins de 15 000 étudiants, le tout sans jamais y ajouter ne serait-ce qu’un bâtiment.

Laissez votre commentaire