lundi,26 octobre 2020
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Gabon: 1700 gardes pénitentiaires payés en monnaie de singe

Recrutés depuis 2016, c’est seulement à partir du 26 juin dernier que les 1 700 agents de la sécurité pénitentiaire ont commencé à toucher leurs premiers bons de caisse, rapporte l’hebdomadaire Moutouki. La perception desdits bons après trois ans de souffrance aurait pu ravir les matons si, à la place des avances sur salaires, ils avaient reçu leurs salaires. De quoi susciter la colère sous capes des uns et des autres devant ce qu’ils considèrent comme une humiliation. 

Trois ans après leur incorporation, le calvaire des 1 700 agents de la sécurité pénitentiaire n’est pas près de finir. En effet, c’est seulement le 26 juin dernier qu‘ils ont touché leurs premiers bons de caisse. La remise a été effectuée à l’issue d’une cérémonie officielle à laquelle le Ministre en charge de la Justice Anicet Edgar Mboumbou Miyakou a pris part. Lors de son discours de circonstance, ce dernier avait instruit aux agents présents d’être « rigoureux et disciplinés dans l’exercice de leurs fonctions »

Des instructions qui auraient mal sonné aux oreilles des matons. Ils s’attendaient à percevoir  leurs salaires mais grande a été leur surprise de constater qu’il s’agissait finalement d’avances sur salaires. Ce mois de juillet encore, les mêmes avances sur salaires leur ont été faites. De quoi susciter la colère de ces derniers.

« Par exemple, on constate qu’un officier de la sécurité pénitentiaire issu de cette promotion recruté avec un baccalauréat au minimum perçoit depuis le mois de juin 140 000 Francs CFA  d’avance sur salaire alors qu’un sous-officier touche entre 75 et 80 mille Francs CFA selon les concernés. » indique Moutouki. Des sommes quasiment dérisoires voire insignifiantes pour parvenir à joindre les deux bouts pour ces pères et mères de familles.  

Se sentant une fois de plus humiliés, les agents de la sécurité pénitentiaire dépassés par les événements auraient reçu l’interdiction de se plaindre. «Astreints à ne rien dire, à ne pas se plaindre sur la place publique, les 1700 agents subissent tout en boudant sous cape.», apprend t-on

Une situation incompréhensible dans un pays où le coût de la vie est sans cesse à la hausse et que certaines populations sont quasiment réduites à la précarité. Face à ce constat déplorable, il serait judicieux pour le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba d’instruire son ministre de la Justice pour une revalorisation de cette rémunération misérable au risque de voir certains se lancer dans des activités illicites.

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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