Gabon: 16 détenus sans jugement remis en liberté par le Procureur général d’Oyem

Tribunal d'Oyem © D.R

16 détenus à la prison centrale d’Oyem ont été remis en liberté d’office par le Procureur général faute de jugement du fait de la disparition de leurs dossiers. Victimes en quelque sorte du dysfonctionnement du système judiciaire de notre pays, ces personnes qui bénéficient de la présomption d’innocence ont donc recouvré leur liberté. 



Toute personne bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’elle soit déclarée coupable à l’issue d’un procès. C’est donc 16 personnes détenues à la prison centrale d’Oyem depuis des années, en attendant leur procès qui n’a jamais eu lieu, qui ont été libérées par le parquet général. 

Leur détention était devenue arbitraire voire illégale car selon le Procureur général d’Oyem, Eddy Minang « en matière délictuelle, toute personne peut être détenue pendant six mois et renouvelable une fois, tandis qu’en matière criminelle, la loi prévoit une détention préventive d’un an renouvelable une fois », lit-on dans l’Union. Cette prescription légale n’est malheureusement pas respectée dans notre système judiciaire. C’est le cas par exemple de Christian Nguema Mezui, qui, inculpé pour meurtre depuis 1999, a passé 20 ans en prison. 

Ainsi, pour y remédier, le Code de procédure pénale donne la possibilité à ces derniers de recouvrer la liberté d’office. L’article 118 du code de procédure pénale prévoit à cet effet que la détention préventive peut prendre fin pour non-respect des délais dans deux hypothèses notamment si le juge d’instruction et la chambre d’accusation ne statuent pas avant la fin du délai légal de la détention provisoire, l’inculpé doit être mis d’office en liberté par le ministère public. Ce qui est le cas des 16 personnes jadis inculpées, aujourd’hui libres.

Au regard de ce qui précède, il convient de dénoncer l’ampleur de ce phénomène qui prend finalement des allures de violation des droits de l’Homme. En effet, des cas de détentions préventives devenues arbitraires voire illégales sont légion notamment à la prison centrale de Libreville. L’initiative du Procureur général d’Oyem est certes louable mais beaucoup reste encore à faire. 

Sabine Kassa

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