Fusion des impôts et des douanes : la levée de bouclier des douaniers et des agents des impôts

C’est à la faveur d’une assemblée générale qui s’est tenue le vendredi 9 décembre dernier à la chambre de commerce de Libreville, que L’Intersyndicale des Douanes et des Impôts a donné sa position suite à l’annonce du gouvernement de créer « une entité de revenus consacrant la fusion de la douane et des impôts pour améliorer la mobilisation des recettes ». Une mesure qui suscite des inquiétudes des fonctionnaires concernés.

Pour faire face à la crise conjoncturelle que traverse le pays, le gouvernement avait annoncé un certain nombre de mesures visant à optimiser la collecte des redevances fiscales et taxes assimilées. A ce titre, les autorités annonçaient la mise en place d’une agence commune entre la douane et les impôts, cela en vue de dynamiser et réguler le recouvrement des impôts et autres redevances fiscales. A ce propos, le secrétaire général de l’Intersyndicale des Douanes et des Impôts, Mbatchi Bayonne, a tout d’abord rappelé que dans cette décision de fusion qui fait suite à des conclusions d’expert envoyés au Rwanda et au Burundi, ils n’ont nullement été associés.

Soulignant que  les  commissions mises en place pour traiter de la question rendront de ce fait leur rapport unilatéralement.  « Les agents que nous sommes, des deux administrations vont payer…ils vont retenir une partie, peut-être le tiers de chaque administration, pour redéployer le reste dans d’autres administrations. Pour la douane par exemple, aux Eaux et forêts, au Parc national, à la sécurité pénitentiaire, pour le personnel des impôts ils pourraient se voir redéployer à l’économie », a-t-il révélé.

« Nous nous sommes rapprochés de la hiérarchie pour savoir exactement à quel sauce nous allons être préparés. Nous leur avons dit en filigrane, mettez toutes les réformes que vous voulez, si c’est pour capitaliser les recettes nous avons été engagés pour ça… mais seulement si ces réformes passent par une sorte de déversement du personnel  et si ça devait toucher à nos acquis, nous ne serons pas d’accord », a-t-il martelé par la suite.

Pour répondre aux inquiétudes formulées par plusieurs membres de l’intersyndicale, son secrétaire général adjoint, Medza Ondo Annick, s’est voulu rassurante, « au fur et à mesure que nous prendrons attache avec eux (ministère de tutelle, ndlr), on vous apportera l’information juste de manière à ce que ensemble, de manière collégiale nous puissions décider de ce qu’il y aura lieu de faire ». « Parce que  c’est bien plus important que les primes, il s’agit carrément de nos carrières, c’est l’affaire de tout le monde, alors ensemble nous devons prendre une décision pour contre attaquer, il faut que tout le monde soit vigilant », a-t-elle conclu.  

A ce qui semble, on s’achemine vers un bras de fer si le gouvernement persiste à mettre en place cette agence, qui au demeurant ne fera qu’alourdir les charges de l’Etat et créer une fois de plus une entité qui serait assujettie à l’exécutif, échappant ainsi au contrôle du parlement.  

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