Front social: le Synagref ne décolère pas !

Georges Boupenga, président du Syndicat national des greffiers (Synagref) © Gabonreview

Ils l’avaient promis, tenir bon jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications. A l’image des magistrats, la ligne jusqu’au-boutiste du Syndicat national des greffiers (Synagref), dirigé par sa forte tête Georges Boupenga, aura eu raison, même, du chef du gouvernement qui le 25 mars dernier a pourtant essayé, sans succès, de jouer la carte de l’apaisement.

Une justice paralysée d’un côté par des acteurs téméraires, et de l’autre une tutelle insouciante et devenue complètement aphone. Voilà le tableau, l’image que la justice gabonaise donne aujourd’hui. Malgré l’appel à la «confiance» lancé par le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, fort de leurs légitimités exigences, c’est plutôt la voie de la défiance que le Synagref a choisi.

Alors qu’ils refusaient toute rencontre avec le nouveau ministre de la Justice, Edgar Anicet Mboumbou Miyakou, les greffiers ont décidé de mettre un chouïa d’eau dans leur vin, et d’écouter les propositions du ministre. Mais, une fois encore, ils s’en sont sortis insatisfaits. De cette insatisfaction découlera alors la décision du syndicat de poursuivre le mouvement de grève.

Une décision que Georges Boupenga, président du Synagref a amplement expliqué, «les greffiers ont estimé avoir tendu la main au gouvernement suffisamment longtemps, par la tenue d’audiences spéciales. Ils ont donc estimé que la balle est dans le camp du gouvernement» avant de conclure «le piquet de grève va se poursuivre et les greffiers iront en commission avec la tutelle jusqu’à la satisfaction des revendications. C’est ce qui a été décidé».

En grève illimitée depuis le 20 février dernier, les greffiers réclament entre autres, l’adoption d’un nouveau statut, le payement du traitement de la promotion 2017 de 69 greffiers et conseillers de greffes, les signatures de l’arrêté d’intégration, l’établissement des cartes professionnelles, le reclassement des admis au concours professionnel de 2014, et la situation du greffe de l’Agence nationale de promotion des investissements du Gabon (ANPI).

La justice se voit donc fortement mise à mal, d’autant plus que le greffier, cet auxiliaire de justice qui s’avère être le plus proche du juge, puisqu’il est chargé tout au long de l’instance judiciaire de garantir le respect et l’authenticité de la procédure, est hors-jeu. Par conséquent, ces derniers auront réussi le pari de faire planer sur la justice le spectre d’une année judiciaire qui va à vau-l’eau, au grand dam des justiciables.