Front social à Tinworth: l’entrave au droit de grève du procureur de Tchibanga

Les employés de l’entreprise Tinworth au piquet de grève © D.R

A peine entrés en grève le dimanche 24 mars soit 1 jour après l’arrivée à échéance du préavis, les employés de l’entreprise Tinworth affiliés à l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) seraient l’objet de menaces de la part de certaines autorités. Ainsi, ces derniers ont reçu la visite inopinée du procureur de la République près le tribunal de Tchibanga ce mardi 26 mars 2019, leur intimant l’ordre de déguerpir les lieux avant de tenter une négociation illégale.



Déclenchée le dimanche 24 mars dernier, la grève des syndiqués ONEP connaît des troubles depuis ce lundi. Selon les dires du Secrétaire général de cette organisation Sylvain Mayabi Binet, le procureur de la République s’est rendu ce mardi à bord d’un hélicoptère sur le site immobilisé par les grévistes. Le magistrat a été sollicité par la direction de la société concernée, et a débarqué avec un bataillon des forces de sécurité pour mater semble-t-il le personnel.

Selon, le récit du responsable de l’Onep, le procureur a donné l’ordre aux agents de faire déguerpir les employés qui observaient le piquet de grève conformément à la législation. Une décision qui viole la Convention n°087 de l’OIT concernant la liberté syndicale et la protection du droit syndical, mais aussi le Code du travail gabonais en son article 14 qui dispose que l’Etat garantit la liberté et l’exercice du droit syndical. Car il faut le rappeler la grève est une cessation concertée d’activités déclenchée après émission d’un préavis de grève.

Aussi, la grève sur les installations du Nautipa se poursuivra durant 5 jours à compter du 24 mars. Ce navire sis au large de Mayumba dans la province de la Nyanga est donc en cessation totale d’activités. Au coeur de cette décision, la réclamation du bonus né du rachat par la compagnie BW Offshore. A cela s’ajoutent la mise en place d’une nouvelle grille salariale et la régularisation des situations socioprofessionnelles des employés.

Informée de cette entrave au droit de grève, l’Onep a appelé les grévistes à la vigilance et à l’union. Les directives données par cette l’organisation phare du secteur pétrolier visent entre autres à interdire une entrée en négociation des grévistes avec un tiers. Ainsi, les autorités judiciaires devraient se tourner vers l’Onep qui est garante de cette procédure. Toutefois, elle a incité les agents à s’ouvrir à la discussion si leur direction de Port-Gentil ou d’Oslo venait à les contacter.

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