Franck Rebela: «Le PDS, DN et le PSD, des extraterrestres dans l’opposition»

Seraphin Ndaot, Pierre Claver Maganga Moussavou et René Ndemezo’o Obiang © D.R

Le débat sur les représentants de l’opposition au sein du Centre gabonais des élections (CGE) continue de diviser ce bord politique, notamment  après le dépôt de deux listes distinctes au ministère de l’Intérieur, l’une émanant de l’opposition dite radicale dont la majorité est membre de la Coalition pour la nouvelle République autour de Jean Ping, et l’autre de l’opposition prétendue républicaine. Un débat qui apparaît indigeste pour l’ancien sénateur de Port-gentil, Flavien Franck Rebela, qui estime que la dernière citée ne peut se prévaloir du statut d’opposant.

Pour le secrétaire général du Mouvement démocratique et populaire (MODEP), la loi fondamentale pose explicitement les bases de l’existence de deux camp distincts appelés à concourir lors des élections. Ainsi, «ceux qui gouvernent sont contrôlés et contredits par ceux qui s’opposent», fait-il remarquer.

Il souligne que bien qu’aucune disposition n’interdit à un parti politique de changer de camp, le code électoral a le mérite d’être clair, puisque la législation dispose qu’au moment de communiquer la liste des représentants au CNE «l’organisation et la désignation dans chaque camp se fait en interne sans interférence de l’administration».

Ainsi, concernant le débat sur la représentation au sein de cet organe, Flavien Franck Rebela estime que les partis se réclamant de l’opposition républicaine ne peuvent se prévaloir du bord de l’opposition au vue de leur position dans l’exécutif. «Le PDS, DN et le PSD, qui apparaissent aujourd’hui comme des extraterrestres dans l’opposition avec laquelle ils n’ont rien en commun ces derniers temps, car faisant partie du Gouvernement ne peuvent logiquement s’attendre à aller représenter cette dernière dans un organe aussi déterminant et vital que le CNE», martèle t-il.  

Un tantinet ironique l’ancien membre de Démocratie nouvelle relève d’ailleurs que ces trois formations politiques étant minoritaires, sur les 44 partis qui se réclament de l’opposition, ceux-ci peuvent «encore être acceptés par ses pairs s’ils démissionnent du gouvernement».

Pour appuyer son argumentaire, il prend le cas du Niger qui s’est doté d’une loi régissant le statut de l’opposition. Le leader du Modep indique par exemple que l’article 9 de cette loi dispose que «Tout parti politique appartenant à l’opposition peut accepter de partager la responsabilité du gouvernement. Dans ce cas, il renonce à sa qualité de parti de l’opposition et fait une déclaration publique».

Un exemple qui pour lui démontre clairement que la position adoptée par René Ndemezo’o Obiang, Seraphin Ndaot et Pierre Claver Maganga Moussavou, ne peut être soutenable dans un pays qui promeut l’Etat de droit.

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