Franck Rebela : «je propose comme sortie de crise, la voix du peuple (…), recommencer le scrutin»

Faisant suite aux nombreuses voix qui s’elevent ces derniers jours, appelant à une mise à l’écart d’Ali Bongo et de l’ancien Président de l’Union Africaine (UA), Jean Ping, pour mettre un terme à la situation de blocage sociopolitique que traverse le pays depuis la fin du scrutin présidentielle, d’autres voix s’élevent pour contester cette proposition. C’est ainsi que dans une tribune publiée sur son compte Facebook officiel, le secrétaire général du Mouvement Démocratique et Populaire (MODEP), par ailleurs membre de la Coalition pour la nouvelle République autour de Jean Ping, Franck REBELA exprime selon lui ce qui serait la solution à cet imbroglio politique qui peine à être résolu.

Je n’ai que dépit , désappointement, aigreur et ressentiment  de constater incurvé par un mal indicible, que bon nombre d’acteurs  politiques veulent exister sans résister à la facilité qui consiste à tenter de refaire le monde en un clic  en  annonçant des idées simples. Je dis bien des idées simples et non des simples idées.

Spécialistes de l’anacoluthe, il prétendent comme l’écrivain  et philosophe d’alors que le nez de Cléopâtre s’il eût été plus court, la face du monde en eût été changé.

C’est  cette vision malgré la marche inéluctable du temps que je perçois dans les propositions de sortie de crise du Gabon esquissées sans être théorisées par certains hommes politiques.

Poussé par ma contrariété, je voudrais à mon tour donner de la voix dans ce débat capital où chaque citoyen du pays est compétent pour s’exprimer

Le pays est bloqué. Et nous savons, non seulement pourquoi, à cause de quoi et par qui l’est-il. C’est  donc autour de ces invariables inconvertibles que les solutions doivent s’inventer . Étonnement, en empruntant, la 3e voie qu’on nous propose, on découvre quasiment abasourdi que la crise que connaît notre pays ne serait plus la conséquence du non respect de la souveraineté du peuple, qui avait le 27 août 2016, à une très large majorité confié, les destinées du pays à Jean Ping. Nous découvrons d’autant  plus sonnés que, celui par qui le blocage du pays, est arrivé, Ali Bongo Ondimba pour bien le nommer, serait désormais un saint voire, une victime pour avoir été battu par Jean Ping. Ce dernier devenant par delà, ce fait vérifié et authentifié par tous les observateurs impartiaux du scrutin en  cause , complice dans le blocage du pays.

Conséquence sans appel, il faudrait sans discernement les sortir du jeu présidentiel tous deux. Ainsi, les Gabonais retrouverons un certain bien-être  généré par la venue sur le devant de la scène de nouveaux acteurs politiques qui ne seront nouveaux que parce que, acteurs nouveaux.

Aussi légitime que puisse être leur théorie, les timoniers de la 3e voie peuvent-ils nous démontrer que sans Jean Ping et sa stratégie d’étouffement du régime, comment le pays aurait-il été  comme un chien errant qui se cherche un maître? Comment  auraient -ils par leurs stratagèmes paralysés le Gabon tel qu’on  le constate  unanimement.

À mon humble avis, l’idée  d’écarter  à la fois Jean Ping et Ali Bongo des enjeux politiques du Gabon est donc trop simple pour prospérer sans créée des réticences. Elle peut même susciter, une fin de non recevoir du peuple souverain. Celui-là même qui a été au bout de sa logique en adoubant Jean Ping dans les neuf provinces du pays, avant de le plébisciter massivement dans les urnes. Ne laissant aucune chance à son adversaire dont l’accaparement  des médias et l’ensemble  des moyens matériels et financiers de l’État  n’auront  pas suffit à le maintenir à flot.

Pour se donner un sens, pour espérer tenir un traître, espoir, un moyen, en somme une stratégie pour tricher, on se rappellera encore longtemps qu’Ali Bongo nous avait sorti tout droit des entrailles de l’enfer, l’incroyable, l’improbable et impossible chiffre de 47 abstentions dans le Haut-Ogooué. Une grosse et flagrante fraude électorale qu’aucun  pays au monde n’a jamais connu. Dans l’histoire électorale mondiale, même là où  le vote est obligatoire, une telle ruée vers les urnes est impossible. Impensable!

D’ailleurs en complément d’enquête indépendante, il est facile de retrouver ces 47 récalcitrants en consultant les listes d’émargement disponibles à la Cenap ou de vérifier les estampes sur les cartes d’un millier d’électeurs du Haut-Ogooué tirés au sort pour se convaincre par la science de ce mensonge infantile.

En proposant peut être candidement, pour certains et machiavéliquement pour d’autres, de bouter Jean Ping de sa revendication et Ali Bongo de son maintien au pouvoir par la force, l’expression  qui conseille de ne point mélanger torchons et serviettes trouve ici toute sa vérité. Il est évident et constant que le blocage du pays n’est pas le fait de Jean Ping qui revendique sa victoire nette et sans bavure, mais qu’elle  rencontre son origine dans le coup d’État  électoral dont le putschiste en chef n’est  autre qu’Ali bongo Ondimba. Que faire alors  pour  sortir le Gabon  de cette catastrophe?

Si nous étions dans un pays normal face à une telle situation, qu’aurait  proposé la Cour Constitutionnelle, si tant qu’elle  n’est pas à l’origine et à  la manoeuvre des éléments ayant conduits à l’impasse? Elle aurait débloqué le pays en prononçant un jugement à la Salomon qui appelait tout simplement à recommencer le scrutin. Cette possibilité plus que probable s’offrait  à elle  en tant que  juge  des élections  lors du procès sur les résultats invraisemblables du Haut-Ogooué. Il y avait de la matière. A commencer par l’affaire les représentants de l’opposition à la commission électorale provinciale qui avaient reconnus sous exploit d’huissier  avoir  été moyennant espèces  sonnantes corrompus. L’aveu étant en droit, la mère des preuves!

Mais au lieu de cela, la Cour s’est muée ces derniers temps à jouer au peuple souverain en prolongeant, là le mandat des parlementaires, ici, celui des membres du CNC. Et demain celui du président  de la République. Bientôt elle va célébrer  les mariages  coutumiers!

En sorte de pompier du régime, la Cour Constitutionnelle dont l’image est depuis longtemps ternie, est comme on le voit à l’origine du blocage du pays. Sa présidente tente d’avoir bon dos en défendant » son » institution, les effets des jugements de la Cour n’en sont pas moins dévastateurs du tissu social et la paix tout court.

À mon tour, je propose comme sortie de crise, la voix du peuple.  La  première voie. La seule voie qui vaille, c’est de recommencer le scrutin avec les mêmes acteurs en plafonnant les dépenses, et en contrôlant l’utilisation des moyens de l’État,le tout sous le financements et la supervision Technique de l’ONU et de tous les partenaires internationaux intéressés par la stabilité du Gabon. Ceci, n’est  pas un simple idée, ou une idée simple. C’est une certaine idée de la République.

C’est seulement à ce moment  qu’on saura qui survivra à la vérité du peuple.
En dehors ma  proposition, la lutte pour faire triompher la souveraineté du peuple qui reconnaît Jean Ping comme président de la République élu doit continuer sans relâche.

Flavien Franck Rebela,

Secrétaire général du Mouvement Démocratique et Populaire (MODEP)

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