Francis Nkéa, ministre de l’Education de la République ou du Woleu Ntem ?

Le ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Francis Nkéa Ndzigue © AGP

«A beau chassez le naturel, il revient au galop» c’est l’adage qui pourrait s’appliquer à l’attitude des personnalités politiques présentes dans les différents gouvernements gabonais depuis des décennies. En effet, l’opinion est toujours surprise de voir certains ministres réservés leurs supposées «tournées républicaines» aux localités dont ils sont originaires. C’est le cas du ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Francis Nkéa Ndzigue, qui prétextant une visite d’inspection des établissements le mercredi 23 mai dernier, a choisi Oyem, chef-lieu de la province du Woleu-Ntem dont il est originaire.

En effet, sous le prétexte de se rendre compte des travaux de réhabilitation et de fourniture en équipements de base aux établissements du pays, le membre du gouvernement n’a trouvé mieux que de se rendre en premier lieu dans sa province d’origine. Là bas, il s’est rendu tour à tour, à l’École provinciale d’Oyem (EPO), au Lycée d’Etat Richard Nguema Bekale, tous deux situés au quartier Adzougou, dans le 2ème arrondissement de la commune, puis à l’école primaire du quartier Nkom-Ayatt, dans le 1er arrondissement et celle du village Bikogo, située à une dizaine de kilomètres d’Oyem, sur la route nationale.

Jusque là, rien à redire, mais le choix de cette partie du pays laisse quelque peu songeur, au vue de sa récurrence, chaque fois que ledit membre du gouvernement décide de se déplacer à l’intérieur du pays. Francis Nkea, alors ministre d’Etat ministre de la Justice avait déjà initié une telle tournée il y a quelques mois, en ne l’effectuant que dans le septentrion.

Pour de nombreux observateurs de l’activité politique du pays, le choix de ne se rendre que dans sa province natale sonne comme une opportunité pour ce dernier de se constituer un fief politique en s’appuyant sur sa qualité de membre du gouvernement. D’ailleurs en bon politicien populiste il n’a pas manqué d’annoncer la réhabilitation très prochaine d’établissements secondaires et primaires publics et leur fourniture en tables bancs.

Toutefois, cette attitude maladroite du ministre de l’Education nationale n’est pas un cas isolé, d’autres membres du gouvernement en passant par des responsables des grandes entreprises publiques ont cette tendance déplorable de considérer qu’ils sont nommés exclusivement pour leur localité d’origine.

Des pratiques qui amènent l’opinion à se demander, si il n’existe pas d’autres établissements scolaires qui requièrent une inspection du ministre à Tchibanga, Akiéni, Lambaréné, Mbigou ou Bitam, pour ne citer que ces localités.

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