Francis Nkea accuse les magistrats d’être des corrompus notoires

Françis Nkea © GMT

C’est à la faveur d’une conférence de presse qu’il a animé ce vendredi 8 décembre 2017, que le ministre de la Justice, Garde des sceaux, Francis Nkea a tenu à donner sa position face aux accusations dont il a fait l’objet de la part du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), qui le mercredi 6 décembre dernier avait dénoncé «les immixtions intempestives du pouvoir exécutif dans le pouvoir judiciaire» et les intimidations subies par un juge d’instruction de la part du ministre.

En effet, accusé par les magistrats d’avoir convoqué nuitamment une de leur collègue puis de s’être «livré à un interrogatoire humiliant, rabaissant, fulminant» au cours duquel, il accusait cette dernière «d’avoir perçu des sommes d’argent en contrepartie» de la libération d’un présumé suspect, le ministre de la Justice a tenu à apporter des éclaircissements concernant cette affaire.   

Devant les hommes et femmes de médias, Francis Nkea s’est donc livré à un véritable réquisitoire contre les magistrats et plus particulièrement contre la juge mise en cause dans ce scandale. Il révèle donc que la dénommé «Antsouo Aboudou Danièle Mysère Angela a été grossièrement corrompue par un justiciable dénommé Waghe Ayouba».

il a expliqué par la suite que cette information était corroborée par le fait que sur plus de 15 personnes inculpées dans cette procédure d’association de malfaiteurs, seul le dernier cité a recouvré la liberté, alors qu’il en était le principal auteur. Mais aussi sur le faits que la juge en charge du dossier a été aperçue à plusieurs reprises au magasin prêt à porter du mise en cause à Petit-Paris pour lui offrir des cadeaux et sur les aveux de ce dernier a la direction générale de recherche (DGR). C’est donc fort de ces informations qu’il aurait décidé en conformité avec les dispositions des articles 55 et 58 du statut des magistrats de convoquer ladite juge.

«Il ne s’est donc pas agi d’un cas d’atteinte à l’indépendance du juge, mais plutôt d’une procédure de flagrant délit de corruption auquel l’auteur tente de se soustraire en s’attachant les services d’un syndicat dont le responsable n’en constitue pas un exemple»; a t-il martelé.

Il a d’ailleurs, révélé concernant le président du Synamag, Germain Nguema que «le mois dernier, ce dernier est venu à mon cabinet sans la présence des autres membres du bureau solliciter l’octroi de fortes sommes d’argent en contrepartie du silence. Pour me débarrasser de lui, j’ai du lui remettre la somme de 200 000 F CFA pour payer le carburant».

Par ailleurs, il n’a pas manqué de pointer du doigt les magistrats, qui selon lui s’illustrent par des comportement déviant qui discrédite la corporation. «La corruption de magistrats est devenu de nos jours un fléau auquel sont quotidiennement confrontés les gabonais. (…) il n’est pas rare de voir des justiciables payer de fortes sommes à des juges pour obtenir des décisions de justice en leur faveur»; a martelé Francis Nkea.

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