Florentin Moussavou institue illégalement «le pointage» à l’Education nationale

La crise qui sécoue le secteur de l’éducation connaît depuis le lundi 30 janvier dernier un rebondissement. Le ministre qui peine à résoudre les difficultés des enseignants qui ont interrompus les cours depuis près de 2 mois, choisi la la manière forte plutôt que le dialogue social. Désormais les enseignants devront pointer sous peine de sanctions administratives allant jusqu’à la radiation.



Dans une circulaire numéro 00006/MENEC/SG du 30 janvier 2017, signée par Florentin Moussavou, ministre de l’Education nationale et de l’éducation civique ayant pour objet le rétablissement de la continuité du service public dans les établissements scolaires et administration, il est demandé aux Directeurs généraux de l’administration centrale, aux directeurs d’académie provinciales, aux directeurs de zones académiques et aux chefs d’établissement de « renforcer le pointage quotidien des agents présents et absents de leur poste de travail et de veiller au déroulement effectif des activités administratives et pédagogiques.»

Cette position du ministre est en porte à faux avec les textes en vigueur. La liberté syndicale, qui est une liberté d’expression est affirmée solennellement par le peuple gabonais au sein de la Charte nationale des libertés du 26 Juillet 1990. Il s’agit d’un acquis républicain issus de la conférence nationale sur la démocratie tenue à Libreville du 23 Mars au 19 Avril 1990. La Loi n° 18/92 du 18 mai 1993 fixant les conditions de constitution et le fonctionnement des organisations syndicales des agents de l’Etat achève la volonté du législateur de protéger les agents syndiqués.

Comment le ministre peut-il au travers d’une circulaire décider de mettre un terme à des revendications sociales en érigeant des sanctions administratives aussi rigoureuses. Telle que « la radiation sans consultation des instances disciplinaire en cas d’abandon de poste sans motif valable pendant (3) mois.» ?

Un texte dont excès de pouvoir peut-être attaqué devant le Conseil de d’Etat. Surtout que le ministre entend suspendre immédiatement le solde pour « les personnels absent de leur poste de travail sans justification » et pour « les enseignants n’assurant pas effectivement leurs cours » tout en bottant en touche s’agissant des raisons qui justifient l’arrêt des cours des enseignants.

Allant crescendo dans sa volonté d’attiser la crise au sein de l’éducation, le ministre demande que soient établies « les listes » qui doivent lui parvenir « chaque fin de semaine » pour ampliation par ses soins auprès de ses collègues ministres de la Fonction publique et du Budget. Ne sommes nous pas là, dans une déliquescence de l’Etat de droit ?  

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