Flavienne Adiahenot : «tous les symboles de souveraineté sont aussi bas qu’en décembre 1959»

A l’occasion de la célébration du 57ème anniversaire de l’indépendance du Gabon, de nombreuses personnalités politiques n’ont pas manqué de faire un inventaire exhaustif du chemin parcouru par notre jeune Nation. Dans une missive hors du commun, Flavienne Adiahenot, membre de l’Union nationale a dressé un bilan morose d’une indépendance manquée.  

D’entrée de jeu, Flavienne Adiahenot a été catégorique sur la situation sociale, politique et économique du pays. Elle estime que peu de chose montre une réelle indépendance pourtant obtenue il y a maintenant 57ans. «Regardons bien autour de nous pour constater que tous les symboles de souveraineté sont aussi bas qu’en décembre 1959»; lance t-elle.

Une réponse cinglante semble t-il au discours d’Ali Bongo qui vante l’indépendance acquise depuis plus d’un demi siècle, tout en appelant les gabonais au patriotisme. Dans une démonstration aussi détaillée que magistrale elle dépeint ce qui apparaît aujourd’hui comme une pseudo indépendance.

«Un Franc CFA qui témoigne de la dépendance monétaire. Une banque familiale au milieu de plusieurs banques aux actionnaires majoritairement étrangers, symbole de la dépendance financière ; Une économie nationale contrôlée par une main d’œuvre et des capitaux étrangers, symbole de la dépendance économique. L’absence d’une simple cartographie agricole et la faible superficie des terres consacrées aux cultures vivrières, symboles de la dépendance alimentaire. L’adoubement et la reconnaissance obligés de nos politiques par la puissance tutélaire, symbole de la dépendance politique. Un 6è BIMA et son camp de Gaulle symbole de la dépendance militaire. L’absence d’un Complexe Culturel Gabonais doté d’une grande Bibliothèque Nationale et l’Institut Français (IF) comme seule bibliothèque et centre culturel dignes de ce nom, symboles de la dépendance culturelle. La liste n’est pas exhaustive»; relève t-elle.

«Au regard de ce qui précède, quelle différence entre une colonie et un état réellement indépendant pour le citoyen Gabonais qui lui-même n’est ni économiquement, ni civilement, encore moins politiquement indépendant ?»; s’interroge la membre de l’Union nationale

Et de se demander en guise de conclusion «suffit-il d’avoir un drapeau, une hymne, des armoiries et des semblants d’institutions pour se sentir indépendant ?». «Je doute fort»; déduit-elle.

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