Financement du Palais des Sports: Jean Marie Ogandaga tente d’enfariner les sénateurs

Jean Marie Ogandaga, ministre de l'Economie © D.R

Ce mercredi 26 décembre 2018, le ministre de l’Economie, de la Prospective et de la Programmation du développement était face aux vénérables sénateurs de la Commission des Finances, du Budget et des Comptes économique de la Nation pour l’adoption d’un projet de loi autorisant l’Etat gabonais à contracter un emprunt de près de 39 588 698 dollars auprès de la China Construction Bank (CCB) pour la conception et la construction d’un Palais des Sports à Libreville. Un motif très curieux alors que la construction de ladite infrastructure est achevée depuis bientôt une année, et suscite des interrogations sur les raisons d’une telle procédure devant le parlement qui a des allures de tentative de malversation financière contre les comptes de la Nation.

En effet, c’est à la faveur du conseil des ministres présidé par le Vice-président Pierre Claver Maganga Moussavou  que l’annonce de la contraction de cet emprunt d’un montant équivalent à dix-neuf milliards sept cent quatre vingt quatorze millions trois cent quarante-neuf mille dix huit (19 794 349 018) Francs CFA auprès de la China Construction Bank Corporation  avait été annoncé. Le communiqué final précisait que « le fruit de cet emprunt rentre dans le cadre du plan de financement de la construction du Palais des Sports de Libreville ». Sauf que pour le commun des gabonais cette information est quelque peu trouble puisque les travaux dudit Palais des sports sont achevés et son inauguration par Ali Bongo a eu lieu 16 janvier 2018.

Lors de l’audition du ministre de l’Economie Jean Marie Ogandaga, il revient que ledit marché a été signé le 16 mai 2017 entre le gouvernement et la China state construction engineering corporation LTD (CSCEG). Selon l’exposé des motifs énoncé par le membre du gouvernement pour « favoriser la livraison du Palais des sports dans les délais requis pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations seniors Hommes de Handball qui s’est déroulé en janvier dernier, la société CSCEG a préfinancé les travaux en attendant la disponibilité du financement sollicité auprès de la China Construction Bank corporation (CCB) ».

Il est curieux que c’est près d’un an après la livraison de cette infrastructure que le gouvernement vient devant le parlement pour solliciter une a posteriori l’autorisation dudit emprunt pour la construction d’un Palais des sports déjà existant. A ce qui semble, l’exécutif n’aurait pas suivi la procédure nécessaire à la validation de l’emprunt destiné à ce projet et aurait choisi de demander à la société CSCEG de préfinancer les travaux.

Une situation peu orthodoxe dans la mesure où il est inconcevable de venir devant les vénérables sénateurs alors que l’objet de l’emprunt est différent de la réalité même. En effet, l’emprunt sollicité par le gouvernement n’a pour objectif que de rembourser une dette auprès de l’entreprise adjudicataire.  

Par ailleurs, il y a lieu de se questionner sur l’opportunité d’une telle démarche qui a des allures de « mensonge d’Etat » et dont la procédure semble être très floue. Pis, l’accord qui lie le gouvernement à la China state construction engineering corporation LTD doit être justifié par Jean Marie Ogandaga, quand on sait que ladite entreprise a été accusée par la Banque mondiale d’encourager la corruption dans les pays où elle candidatait à des marchés publics (versement de pots de vin, corruption de fonctionnaires etc.). D’ailleurs, elle est inscrite sur la liste noire des entreprises non-éligibles pour cause de fraude et corruption.

Exposé des motifs de Jean Marie Ogandada devant les sénateurs

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