mardi,22 septembre 2020
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Faustin Boukoubi : «voter la confiance au Premier ministre n’exonère le contrôle de l’action gouvernementale»

A l’occasion de la cérémonie relative à la rentrée parlementaire ce mardi 3 mars 2020 le président de l’Assemblée nationale s’est fendu d’une déclaration pour le moins claire dans laquelle, il lance une pique et remet à leur place Martin Mabala et Julien Nkoghe Bekale en battant du revers de la main l’argument selon laquelle le vote de confiance accordé par les députés conférait au Chef du gouvernement, la légitimité de sa fonction. 

C’est une pique savamment lancée par le Président de l’Assemblée nationale Faustin Boukoubi à l’occasion de la rentrée parlementaire tenue ce mardi 3 mars 2020 dans leur siège provisoire sis en face du supermarché Mbolo. Un rappel à l’ordre finement envoyé à Martin Mabala président du Groupe parlementaire du Parti démocratique gabonais (PDG) et Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre, Chef du gouvernement. 

Mi février Martin Mabala avait volé au secours de l’homme fort de Ntoun fragilisé et annoncé sur le départ de la Primature en estimant que « les députés, représentants du peuple gabonais, avaient accordé leur confiance à ce gouvernement, par le truchement d’un vote majoritaire de la déclaration de politique générale présentée par monsieur Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre, chef du gouvernement de la République  » et que sur les rumeurs concernant le changement à la Primature, il précisait que ledit changement « ne constitue en rien une solution miracle aux nombreux problèmes que connaît notre pays ». L’opinion y avait vu une volonté de Martin Mabala de nier au chef de l’Etat son droit constitutionnel de nommer un nouveau Premier ministre. 

Une sortie qui avait suscité un tollé dans le landerneau politique gabonais, certains évoquant même « une conspiration de déstabilisation de la première autorité » du pays. Dans une ambiance lourde, en raison de cette sortie maladroite interprétée diversement, Faustin Boukoubi a rappelé de façon énigmatique aux députés leurs prérogatives et leur domaine de compétence. 

 « (…) Aux termes de l’article 28, le gouvernement est responsable devant le président de la République et devant l’Assemblée nationale, avec l’administration dont il dispose. Le vote de confiance prescrit à l’article 28a, par lequel les députés peuvent confirmer à la majorité absolue la décision du chef de l’État nommant le Premier ministre et son gouvernement n’abroge pas notamment l’article 36, qui confère au Parlement le pouvoir de contrôle de l’action gouvernementale et d’évaluation des politiques publiques, ni même les articles 61 à 65 qui en précisent les modalités ». Une façon de rappeler les députés à leurs devoirs. 

On peut lire dans cette sortie de la première autorité de la chambre basse du Parlement comme une volonté de signifier à Martin Mabala et les pseudos députés ayant donné leur assentiment pour ce communiqué en soutien à Julien Nkoghe Bekale, que le vote de confiance ne constitue en rien un  blanc-seing. Une position claire et rappelle à l’ordre ferme surtout à la lumière de ce qui suit.  « Autrement dit, quelle qu’en soit la motivation, que ce soit par conviction ou par discipline militante, ce qui est loin de constituer une exclusivité gabonaise,  la confiance au Premier ministre. n’exonère pas les députés de leur obligation constitutionnelle de contrôle de l’action gouvernementale ». Pour remettre de l’ordre dans la fourmilière Faustin Boukoubi, n’aurait pas pu faire mieux. 

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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