Eyeghe Ndong: «Marie Madeleine Mborantsuo ipso facto véritable Président de la République»

Jean Eyeghe Ndong lors de sa prise de parole © D.R

Ce mercredi 5 décembre 2018, la Coalition pour la nouvelle République (CNR) a animé une conférence de presse à la Chambre de commerce de Libreville dans le cadre des activités de son mouvement TGV. Les conférenciers ont entre autres évoqué la décision n°219/ CC du 14 novembre dernier aux termes de laquelle la Cour constitutionnelle a procédé à la « manipulation de la loi fondamentale ». Jean Eyeghe Ndong qui a été le principal orateur a estimé que par cette décision, Marie Madeleine Mborantsuo devenait « ipso facto le véritable président de la République ». 

La rencontre de la chambre de commerce de Libreville entre les leaders de la CNR, la presse nationale et internationale et l’assistance qui a effectué le déplacement portait essentiellement sur la sensibilisation de ces derniers par rapport au mouvement TGV dont l’objectif principal est de défendre la Constitution gabonaise.

Abordant la question de la modification de la Constitution par les juges constitutionnels qui, le 14 novembre dernier avaient unilatéralement décidé de l’ajout d’un alinéa à son article 13, les conférenciers se sont interrogés sur la compétence de la haute juridiction à poser cet acte. L’ancien premier ministre Jean Eyeghe Ndong, a donné la position de la CNR en indiquant qu’il ne revient pas à l’institution dirigée par Marie Madeleine Mborantsuo d’apporter des modifications à ladite loi.

Jean Eyeghe Ndong a par ailleurs expliqué à l’assistance la prérogative de la haute juridiction dans le cas d’espèce. « A la Cour constitutionnelle, reviennent essentiellement les prérogatives d’interprétation, conformément à l’article 88 de la loi fondamentale », a t-il indiqué. C’est d’ailleurs ce pourquoi elle avait été saisie par le premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet, en interprétation des articles 13 et 16 de la Constitution. Elle avait donc le devoir de rendre un  avis plutôt que de rendre une décision.

Poursuivant son analyse, l’actuel président du groupe parlementaire Front uni de l’opposition au Sénat a qualifié  « d’acte grave », la décision n°219/ CC du 14 novembre 2018 rendue par la Cour constitutionnelle indiquant même qu’elle faisait de « Madame Marie Madeleine Mborantsuo ipso facto le véritable Président de la République, chef de l’Etat ».

Par ailleurs, les membres de la CNR ont pointé du doigt « la complicité » des sept autres juges constitutionnels « puisqu’il faut le reconnaître, elle n’était pas seule », a précisé Jean Eyeghe Ndong, avant d’interpeller la CEMAC, la CEEAC et l’ONU « sur les risques réels auxquels la Nation gabonaise est exposée » tout en lançant un appel « pour non-assistance à un peuple en danger avec effets collatéraux et néfastes pour la sous région ».

Laissez votre commentaire