État de santé d’Ali Bongo: la sortie pas du tout convaincante de la présidence de la République

Ali Bongo Ondimba © D.R

La mayonnaise n’a pas pris. C’est le sentiment qui se dégage au vu des réactions enregistrées à la suite des « nouveaux éléments » sur la santé du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba apportés ce dimanche 11 novembre 2018 par le porte-parole de la Présidence de la République Ike Ngouoni Aila Oyouomi. Pour de nombreux observateurs, la sortie de ce dernier loin de rassurer, suscite encore un peu plus de questionnement quand à la santé du président.

Dans l’optique de rassurer l’opinion et de taire les nombreuses rumeurs et autres supputations qui règnent sur l’état de santé d’Ali Bongo Ondimba depuis l’annonce de son hospitalisation en Arabie Saoudite, la présidence de la République a indiqué que  la situation s’est « très sensiblement améliorée » ces derniers jours. Dans la foulée, Ike Ngouoni Aila Oyouomi a souligné que les examens effectués sur le chef de l’Etat avaient permis de constater « un saignement justifiant une prise en charge médico chirurgicale ».

En plus de reconnaître la gravité de la pathologie dont a été victime le président de la République, les éléments révélés par porte-parole corroborent ceux distillés depuis plusieurs jours par la presse internationale notamment l’agence Reuters, Le Monde ou encore L’Express, qui évoquaient « un accident vasculaire cérébral (AVC) qui aurait nécessité une opération chirurgicale ».

Selon son bulletin de santé, Ali Bongo Ondimba a été victime « de malaises et vertiges persistants » et après sa prise en charge au King Faisal Hospital , « les premières explorations ont permis de constater un saignement justifiant une prise en charge médico chirurgicale», a reconnu Ike Ngouoni Aila Oyouomi.

En effet, loin de rassurer la sortie du Conseiller spécial en charge de la communication présidentielle vient soulever encore un peu plus de questionnements sur la santé du Chef de l’exécutif. Outre une reprise laconique des informations déjà avancées par la presse internationale et relayées par des médias nationaux, il semble que l’objet de la communication de la Présidence était simplement de réfuter toute idée de vacance de pouvoir présidentiel évoquée par une partie de l’opposition et de la société civile ces derniers jours.  

D’ailleurs, la prise de parole de Ike Ngouoni Aila Oyouomi n’a pas manqué d’être une fois de plus raillée dans l’opinion. « Encore une communication mal préparée. Monsieur Ike nous parle de saignement, à quel niveau ces saignements ont été localisés ? Pourquoi ne pas publier intégralement ce bulletin de santé au lieu d’extraire quelques passages? Quid de l’AVC annoncé par Reuters? A-t-il été opéré ? Encore une fois on passe à côté. De grâce dites nous la vérité vraie », a estimé le leader de la société civile, prix Goldman Marc Ona Essangui.

Ce dernier, par ailleurs Coordonnateur Pays de la coalition Tournons la Page, a sollicité dans un communiqué de presse co-signé de Laurence Ndong rendu public le mercredi 7 novembre 2018, qu’« une délégation gouvernementale se rende, avec des représentants de l’opposition, de la société civile, du Sénat et de la Cour Constitutionnelle, au chevet du Chef de l’Etat,  et rende compte à la Nation de l’état de santé du Président », avaient-ils proposée pour taire les interprétations et supputations entourant l’état de santé d’Ali Bongo Ondimba.

Dans la même veine, Francette Alta Moulanga, médecin et activiste gabonaise a remis en cause la communication présidentielle, craignant une « Bouteflikasition du Gabon ». « Ali Bongo a fait un AVC hémorragique, tellement sévère que celui-ci a nécessité deux interventions chirurgicales et le maintien pendant 16 jours dans le coma artificiel. La longue durée du coma suppose des risques de séquelles neurologiques importants. Mais Ike Ngouoni vient quand même dire qu’Ali Bongo continue d’exercer ses fonctions », a-t-elle commenté.

Il apparaît donc que la tentative des plus hautes autorités de rassurer l’opinion a accouché d’une souris et que les nouvelles du côté de Riyad sauf à présenter désormais des images démontrant que la santé du Chef de l’Etat, s’est effectivement « très sensiblement améliorée » sont loin de rassurer.

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