Estelle Ondo: «Menga et Moukagni Iwangou, ministres d’Etat, au nom de la passion pour le Gabon»

Estelle Ondo, ministre des Transports © D.R

Vendredi 4 mai, nous avons tous pris connaissance du gouvernement Issoze Ngondet III. Trois figures de l’opposition, David Mbadinga, Michel Menga et Jean de Dieu Moukagni Iwangou, ont fait leur entrée dans cette nouvelle équipe.

Moins de 24 heures après sa nomination, le Rassemblement Héritage et Modernité se réunissait pour se désolidariser de la décision de Michel Menga, l’un des pères fondateurs du mouvement, de faire partie du gouvernement. Le parti décidait également de sa suspension provisoire.

La nomination du ministre d’Etat Moukagni Iwangou a été suivie par une étrange série d’articles spéculant sur sa participation ou non au gouvernement. La cérémonie solennelle de prestation de serment du gouvernement par les ministres issus de l’opposition lundi 04 mai au palais de Bord de mer a déchaîné les foudres dans les réseaux sociaux.

L’opposition radicale et ses affidés ont déversé leur haine sur ces éminentes personnalités. Leur tort serait d’avoir accepté de prendre part au nouveau gouvernement. Un crime de lèse-majesté si l’on se réfère aux communiqués et déclarations de certains partis. Ils rejettent «toute participation à un quelconque gouvernement formé et dirigé par Ali Bongo.» Cette partie de l’opposition voit dans la main tendue du Président de la République des basses manœuvres politiciennes.

Enfermés dans leur radicalité, certains opposants, auto-proclamés juges et parties, distribuent, en toute partialité, les bons points à ceux qui pensent comme eux. Ils vilipendent et jettent en pâture toute personne qui ne partage pas leurs idées. Ils incitent à la haine, au lynchage médiatique, à la violence voire à la chasse à l’homme.

Quelle place laissent-ils au débat politique ou au choc des idées, vivement réclamé dans leurs propres discours ? Quelle place accordent-ils à l’apaisement auquel aspirent tous les Gabonais ? Quelle est leur vision de l’intérêt supérieur de la Nation ?

C’est au nom de cet intérêt que des hommes et des femmes d’Etat ont successivement franchi le pas depuis la crise post-électorale en août 2016. Aux côtés d’autres personnalités, j’ai fait partie des premières personnes à avoir accepté la main tendue du président Ali Bongo. Plus tard, lors du dialogue national politique d’Agondjé en 2017, des hommes et des femmes de différents bords politiques ont aussi accepté de s’asseoir autour d’une même table pour discuter de l’avenir de notre pays.

Lors de sa première prise de parole en tant que ministre d’Etat chargé de l’Habitat, Michel Menga a affirmé devant la presse nationale et internationale : « Je me sens Gabonais et je suis ici pour assumer les responsabilités et apporter ma contribution à la construction de ce pays. » Sur sa page Facebook, Jean de Dieu Moukagni Iwangou avait écrit quelques heures avant sa prestation de serment devant le Chef de l’Etat : « J’ai été appelé d’urgence pour servir la Nation. J’ai répondu à l’appel de la Nation. »

Les ministres Menga et Moukagni ont des parcours politiques différents, mais sont tous les deux animés par la même passion du Gabon. Ils partagent ce point commun avec les autres membres du gouvernement et bien d’autres Gabonais encore.

Je me réjouis de l’arrivée de ces éminentes personnalités de l’opposition dans le gouvernement d’ouverture. Leur présence et leurs expériences constituent d’emblée une plus value pour l’équipe du premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet. Le Gabon a besoin de tous ses fils et de toutes ses filles pour aller de l’avant.

Le radicalisme et la démagogie constituent un frein au développement de notre pays. Certains opposants en ont fait un fonds de commerce politique. Depuis des années, ils s’opposent à tout et son contraire et ne proposent rien de constructif en retour. Murés derrière leurs positions, ils refusent de prendre leurs responsabilités et condamnent d’emblée ceux qui, avec force, veulent apporter leur pierre à la construction du Gabon.

Car, s’il est difficile de tendre la main, il faut aussi du courage pour accepter la main tendue de son adversaire. L’opposition ne manque pas d’hommes courageux et de femmes courageuses. Plutôt que de les condamner, dès le premier abord, pour des choix et des positionnements motivés par des convictions profondes, il serait plus judicieux de leur laisser le temps de la construction et de l’épreuve du pouvoir.

Vous ne pouvez être à la fois juge et partie. Vous n’avez pas le monopole de l’opposition, pour vous permettre de parler, seuls, en son nom et au nom des milliers de Gabonais qui nous font confiance. Votre radicalisme et votre obstination à refuser le dialogue représentent une trahison et une voie sans issue pour le Gabon.

En tant que membre de l’opposition, je me suis engagée auprès de ces Gabonais, tout comme ceux qui ont accepté la main tendue du Président Bongo. Nous demeurons fidèles à nos engagements.

L’histoire et le peuple gabonais sont nos témoins. Et c’est en toute impartialité qu’ils pourront nous juger en fonction de nos actes.

Estelle Ondo,

Ministre de l’Egalité des Chances, chargée de la décennie de la Femme

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