Est-ce vraiment une fête de Nouvel An?

Libreville terne en ce jour de Nouvel An © GMT

Contrairement aux années précédentes, la célébration du réveillon au Gabon n’a pas connu son engouement d’autrefois. La crise économique qui secoue actuellement le pays a empêché les gabonais de vivre la porte du nouvel an dans la culture festive qu’on leur reconnaît, malgré l’ouverture des bars jusqu’au petit matin de ce lundi férié.

Il fut un temps où, à chaque 31 décembre, les rues de la capitale gabonaise étaient animées, bondées de monde. Dans les Pk, en passant par les Akébés, Owendo, Rio, la veille du nouvel an était célébrée avec une euphorie particulière. Le son des musiques locales se mélangeaient avec ceux de la sous-région, de l’hexagone ou des évangiles comme pour placer l’année qui arrive sous le sceau de l’autorité divine. Les bars, tout comme les belles bâtisses faisaient peau neuves.

Le bruit des pétards assourdissants, balancés par les enfants, retentissaient pendant des jours, à chaque heure, au grand désarroi des personnes âgés et maladives. Partout, la fête commençait avant l’heure. Une habitude nationale, pratiquée toutes les années. Ca, c’était «à l’époque du père», comme disent certains gabonais.

Durement frappé par la crise qui sévit dans ce petit pays pétrolier depuis quelques années maintenant, le train de vie du gabonais a brusquement changé, comme sa propension à célébrer les moments les plus importants de sa vie. L’euphorie actuelle, contraste avec le faste datant. Un lointain souvenir sereinement remplacé par une précarité écoeurante. «En dehors de remercier le Seigneur, le nouvel an passe sous silence, sans véritable engouement. Et pour cause, le chômage et la précarité se sont installés dans les foyers des gabonais. Allez regarder les tables à manger des gabonais pour comprendre réellement la situation de ce pays en ce moment festif », se plaignait Eric Ndong.

Après avoir suivi le discours chargé de promesses du président de la République, chacun a retrouvé sa nostalgie, sourires factices, dans une oisiveté sans ambiance, sous la pluie et la coupure de la SEEG. Est-ce vraiment une fête de Nouvel An?

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