[Erratum] Selon Laure Olga Gondjout, un ministre de la justice aurait été favorable au licenciement d’une centaines d’employés d’Azur

Dans notre article traitant des révélations de  Laure Olga Gondjout sur l’affaire opposant Azur-Gabon à l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), la rédaction de Gabon Media Time a cité l’actuel ministre de la Justice, Alexis Boutamba Mbina, comme le responsable à cette époque.  Après vérification, le médiateur de la République, faisait allusion au ministre en poste au moment des faits, soit en 2012. Ministre qui selon elle désapprouvait sa médiation et par conséquent, se rendait  favorable au licenciement du personnel de cette entreprise.

En effet, cette affaire opposant l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) à l’opérateur de télécom Azur Gabon est relative à une amende de 228,9 millions de F CFA infligée en 2012 à cette dernière. Au moment des faits, Alexis Boutamba Mbina n’est pas ministre de la justice comme nous l’avons prétendu.

Selon le Médiateur de la République, Laure Olga Gondjout : «dans le cadre de l’analyse régulière de la qualité de services des opérateurs de téléphonie mobile, l’Arcep avait infligé à juste titre des sanctions pécuniaires à l’opérateur Usan propriétaire d’Azur. Face à ses difficultés de trésorerie, Azur avait introduit auprès du tribunal de première instance de Libreville, une requête en annulation desdites délibérations de l’Arcep». Débouté, Azur-Gabon va se résoudre à saisir le Médiateur de la République pour profiter de ces bons offices dans ce litige de recouvrement des créances dues au titre de deux sanctions infligées par l’Arcep.

Ayant constaté, après examen du dossier, la fragilité financière d’Usan, l’application de l’ordonnance du tribunal représentait une menace pour l’existence de cet opérateur avec pour conséquences immédiate la perte d’emplois de nationaux, Laure Olga va décider de surseoir à cette décision. «Conscient que l’objectif de l’Arcep ne visait pas la déstructuration du marché de la téléphonie mobile, le Médiateur de la République avait décidé de suspendre l’exécution des délibérations de l’Arcep et d’ouvrir des négociations sous son arbitrage pour convenir d’un échéancier de paiement objectivement supportable», explique t-elle.

En outre, Laure Olga Gondjout a dit regretter la position du ministre de la Justice, garde des Sceaux, de l’époque, qui «dans une longue correspondance au ton comminatoire adressée au Médiateur de la République désapprouva votre décision de préservation de la centaine d’emplois des nationaux en arguant qu’elle allait à l’encontre de la politique du président de la République, notamment du Plan stratégique Gabon émergent et en remettant gravement en cause l’indépendance du médiateur de la République».

Une position du ministère de la Justice qui s’avérait  surprenante alors que le gouvernement mettait tout en oeuvre pour préserver les emplois des gabonais. Par ailleurs, Laure Olga Gondjout précise concernant ces échanges que «suite lui fut donnée et le détail de ces échanges fleuris est contenu dans un dossier remis au Premier ministre».

Pour rappel, Azur Gabon (228 129 abonnés) est le 3è opérateur (7,98% du marché) de téléphonie mobile au Gabon derrière respectivement, Libertis (1 209 397 abonnés), Airtel (990 486 abonnés) et Moov (429 890 abonnés). Azur est confronté depuis plusieurs mois à des tensions financières, ses employés menacent d’ailleurs depuis le mois de mars d’entrer en grève pour non-paiement de salaires.

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