Entre guerre-civile et réconciliation nationale, il faut choisir

Louis Gaston Mayila, président de l'UPNR © GMT

Très tôt après la dernière élection présidentielle d’août 2016, deux dialogues ont été organisés, en vue d’apaiser les tensions sociopolitiques. Jean Ping invitait les «résistants» au Noé-Palace autour d’une Coalition pour la nouvelle république et plus tard Ali Bongo conviait «à coup de millions» les émergents et certains opposants au Stade d’Angondjé. Au sortir de ces deux dialogues, rien n’a changé aux divergences latentes, malgré les appels au «dialogue national sans tabou» lancés par Guy Nzouba Ndama et Casimir Oye-Mba, avant et à la suite des recommandations du rapport de la commission de l’Union européenne. Voici que deux ans après cette élection qui ne finit pas de diviser, le président de l’UPNR, Louis Gaston Mayila propose «la réconciliation nationale» comme véritable antithèse de «la guerre-civile», pour le salut et l’amour du pays.

Depuis août 2016, le pays est divisé. Entre les «émergents» et les «résistants», ceux qui disent qu’il faut panser les plaies de la crise postélectorale afin de construire le pays en attendant 2023 et les autres qui continuent de penser au départ d’Ali Bongo du pouvoir, vaille que vaille, afin de «faire respecter le choix du peuple».

En effet, convaincu que la résistance n’aidera pas à sortir le Gabon de la crise qui perdure, Louis Gaston Mayila et certains autres leaders politiques de l’opposition pensent que «l’élection présidentielle est derrière et qu’il faut que tous les gabonais œuvrent pour le développement du pays et non sa mise en péril». C’est d’ailleurs ce qui ressort de l’entretien accordé le samedi 6 décembre dernier à la rédaction de Gabon Media Time par le président de l’UPNR.

Suite aux réactions enregistrées après la conférence de presse qu’ils ont organisé le samedi 30 décembre dernier, Louis Gaston Mayila a voulu être plus explicite sur le projet de «la réconciliation nationale». Pour cet homme dont la rhétorique définit les sillons, « notre seul meilleur intérêt à tous est le Gabon, au-delà des considérations partisanes ou subjectives. Voilà pourquoi je reste convaincu que seul le dialogue entre tous les fils de ce pays est capable de redéfinir l’unité nationale dont nous avons actuellement besoin pour bâtir notre pays», a-t-il lancé.

Pour ceux qui y voient une trahison contre l’alternance, Louis Gaston Mayila répond : «je ne vais pas revenir sur ce que j’ai fait durant la dernière campagne présidentielle. Mais j’invite les uns et les autres à prendre la parole publiquement pour dire ce qu’ils proposent à l’état actuel de notre pays. Nous proposons la réconciliation nationale comme option. Entre la réconciliation nationale et la guerre civile le choix est simple pour certains mais que ceux qui choisissent la guerre civile nous indiquent aussi sur qui il faut tirer», martèle-t-il. 

Poursuivant son propos, l’homme politique et avocat au barreau de Gabon a martelé : «Nous sommes tous gabonais et notre patriotisme ne devrait pas être défini par l’amour ou non envers celui qui dirige le Gabon mais vers notre pays même. Qu’avait fait Nelson Mandela après 27 ans de prison? Qu’avait fait Joseph à ses frères ? Ce que je voudrais que les uns et les autres comprennent ce que ce pays est nôtre et nous avons tous le souci de son développement. Or, les crises et autres grèves ne peuvent prendre fin que si on accepte d’être autour d’une table pour reconnaître toutes les dérives compromettantes, les insuffisances, que les uns et les autres demandent pardon au peuple et qu’on envisage ensemble ce qui est mieux pour notre pays».

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