ENS: Le SNEC suspend les cours pour deux jours !

Les enseignant s'insurgent contre la violation des franchises universitaires © GMT

Cette décision fait suite à l’irruption mercredi 7 mars dernier de trois agents de la gendarmerie nationale au sein de cette école supérieure. Ces derniers, ont dit agir sous les ordres d’un général qui leur a recommandé d’emmener l’enseignante Annie Beka Beka dans leur caserne.



La décision de suspendre des cours  pour deux jours à l’Ecole normale supérieure est effective depuis ce matin. Hier, Pr. Gilbert Nguema Endamne, leader de la branche ENS du SNEC a expliqué au cours d’une assemblée générale extraordinaire cette décision fait suite à l’intervention mercredi dernier, aux environs de 10 heures 15, de trois agents de la gendarmerie nationale au sein de ce temple du savoir.

Selon les informations livrées par le Pr Gilbert Nguema, «les trois agents ont fait irruption  au bureau de madame Annie Beka Beka, ils lui ont demandé de les suivre à la caserne, pour s’expliquer sur l’exclusion de l’étudiante Miriam Manganga Massounga, inscrite en Licence 3 Sciences économiques et sociales», explique le leader du Snec avant de poursuivre: «Prévenu, le directeur général de l’Ecole normale supérieure est précipitamment sorti  de son bureau pour signifier aux trois agents qu’ils n’étaient pas les bienvenus dans leur temple du savoir. Ils ont avoué qu’ils agissaient en délégation de pouvoir d’un général».

Au regard des faits et du non-respect des franchises universitaires,  le Pr. Gilbert Nguema Endamne et ses collègues ont convoqué une assemblée générale extraordinaire qui s’est tenue hier au sein de l’ENS, aux fins de solliciter les avis des uns et des autres enseignants quant à la conduite à tenir devant cette dérive qu’ils estiment de trop. En effet, aux termes des échanges fournis et nourris,  le SNEC-ENS, a décidé d’une même voix de ses membres présents, de suspendre les cours pour une durée de deux jours. Ce vendredi 9 mars et lundi prochain.

Une décision qui a été suivie par l’ensemble des enseignants qui officient dans cette école supérieure de Libreville. A l’entrée principale de l’établissement, les leaders syndicaux du SNEC-ENS sont passés de la parole à l’acte avec l’affichage d’une banderole pour exprimer leur mécontentement «Non ! À la violation des franchises universitaires. Non ! Aux intimidations des Gendarmes et politiques dans l’académie», peut-on lire en noir sur blanc sur la banderole en question.

Les cours ne reprendront que le mardi 13 mars 2018. C’est un avertissement qu’ils disent adresser aux pouvoirs publics, afin de mettre un terme «aux actes de violences et autres intimidations» auxquels les enseignants, dans leur ensemble, font face dans l’exercice de leurs fonctions. Pour le professeur leader du SNEC-UOB, «l’acte perpétré et commandité est un acte de plus d’abus de pouvoir, une désinvolture face au droit mais aussi, une dérive autocratique qui ne justifie pas dans notre Etat qui se veut de droit», a-t-il déclaré vertement.

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