Enlèvements d’opposants: Enrique Mamboundou dénonce «le terrorisme d’Etat»

C’est au cours d’une conférence de presse qu’il a animé le vendredi 2 février 2018 dernier à la Chambre de commerce de Libreville que le leader du mouvement la Voie du peuple, Enrique Mamboundou, a donné sa position sur la recrudescence des enlèvements des membres de l’opposition observée depuis quelques temps. Il a condamné ces actes qui, pour lui, s’apparentent désormais à des rafles orchestrées par des «proches du pouvoir».

Voila bientôt plusieurs semaines que des militants proches de l’opposition sont portés disparu sans qu’aucune information ne circule sur les mobiles de leurs enlèvements. C’est dans cette optique que le leader du mouvement la Voie du peuple est monté au créneau pour condamner ces actes qui semblent de plus en plus se généraliser sous le regard complaisant des plus hautes autorités du pays.

Pour Enrique Mamboundou, le silence des pouvoirs publics et plus particulièrement celui du ministre de l’Intérieur, Lambert-Noël Matha, est inexplicable alors que ces événements mettent en lumière l’insécurité qui règne désormais en maître dans le pays. Il n’a d’ailleurs pas manqué de fustiger cette attitude qui semble volontaire. «Ces actes qui s’assimilent  à du terrorisme d’Etat n’ont qu’un seul but; celui de déstabiliser le Gabon. J’aurais aimé voir un ministre passer à la télévision dire que les enlèvements ne sont pas admissibles  au Gabon. Quand on est ministre de l’Intérieur,on est forcément informé de tout ce qui se passe dans le pays », a-t-il noté.

Il a exprimé son désarroi face à cette situation qui a une réelle incidence sur l’image du pays à l’international. «Nous sommes dans quel genre de pays?», s’est-il interrogé. Avant de marteler une fois de plus que «nous avons besoin qu’on nous rende nos frères. Stempy Love Obame n’est pas une menace pour ce pays, ni pour Ali Bongo, Alain Mbella n’est pas une menace pour Ali Bongo et son gouvernement, Mouendou Mbina Armel n’est pas une menace pour la sécurité intérieure de ce pays. Il faut qu’on relâche les gabonais. Nous n’avons pas envie de vivre dans ce genre de pays»; a-t-il lancé, visiblement remonté.

Par ailleurs, le leader de la Voix du peuple s’est insurgé contre ces graves violations des droits de l’Homme qui mettent en mal l’unité nationale et le vivre ensemble, soulignant d’ailleurs que la recrudescence de ce genre d’actes fait courir le risque d’implosion au pays. Ces interpellations et arrestations assorties de possible séquestration ont d’ailleurs contraint Enrique Mamboundou et plusieurs familles des disparus à saisir par correspondance le ministre de la Justice, Garde des sceaux, Francis Nkea, afin qu’il fasse toute la lumiere sur ces enlèvements et ainsi restaurer l’Etat de droit.

En outre, il a indiqué que la même démarche sera entreprise auprès du Bureau de  l’Organisation des Nations unies en Afrique centrale (UNOCA), au bureau régional de la Francophonie en Afrique centrale et aux ambassades et hautes représentations de l’Union européenne et des Etats-unis, afin d’obtenir la libération de ces compatriotes.

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