Emprisonnement des cadres de BGFI : leurs femmes dénoncent une injustice

Affaire BGFI : les femmes des cadres emprisonnés dénoncent l’injustice dont sont victimes leurs époux © GMT

Incarcérés dans le cadre du scandale de la fraude sur les cartes Visa prépayées de la filiale gabonaise de BGFIBank, de nombreux cadres de cet établissement bancaire croupissent toujours à la prison centrale de Libreville sans jugement. C’est donc pour dénoncer l’injustice dont fait l’objet leurs époux que le Collectif des femmes des cadres emprisonnés dans l’affaire BGFI ont animé une conférence de presse au siège du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG) sis à Louis dans le 1er arrondissement de Libreville.

Longtemps restées silencieuses face à l’injustice dont est victime les cadres incarcérés dans l’affaire du détournement de près de 13 milliards de Fcfa via les cartes prépayées Visa, les épouses de ces derniers sont montées au créneau pour dénoncer cet état de fait, malgré les intimidations dont elles ont fait l’objet la veille de la tenue de cette rencontre avec les hommes et femmes de médias. Dans cette démarche elles ont été soutenues par la société civile en tête duquel le président du ROLBG, Georges Mpaga qui n’a pas manqué une fois de plus de dénoncer les violations flagrantes des droits de l’homme et le caractère arbitraire de leur détention.

Dans cette affaire qui avait fait les gros titres des médias nationaux et internationaux, Edgard Théophile Anon, ancien Administrateur directeur général de BGFIBank, ainsi que 7 autres cadres de la banque avaient été interpellés. Le premier cité et Khourss Rachid avaient été mis en liberté provisoire quelques temps après, tandis que les autres croupissent à la prison de Gros Bouquet voilà bientôt un an.

«Dans ces cartes prépayées il y en avait 100 et dans ce lot les hackers avaient mis 13 milliards Fcfa et c’est l’équipe d’informaticien qui a pu limiter les dégâts à 1 milliards 900 millions, l’équipe était composée de nos époux»; a expliqué Madame Nguema Tchang, l’une des épouses des cadres de BGFI. Elles se sont interrogées par la suite sur les raisons de la détention de leurs maris, estimant que s’ils étaient bien les coupables «pourquoi ont-ils bloqué cette attaque? pourquoi sont-ils encore restés au Gabon? pourquoi ont-ils collaboré avec la police judiciaire?».

«Deux mois plutard, il y a un certain monsieur Diallo qui a été interpellé en Espagne, puisque BGFI avait également saisi Interpol, ce derniers  a cité son complice à l’intérieur de la Banque qui n’est autre Roland Mounguengui qui a été arrêté et placé sous mandat de dépôt depuis 9 mois (…) lors de la confrontation avec les autres inculpés, il a reconnu devant le greffier en chef, devant le juge qui était chargé de l’affaire devant les avocats de toute les parties y compris les avocats de BGFI, que ces personnes ne faisaient pas parti du coup puisqu’ils avaient été inculpés pour association de malfaiteurs, ce monsieur a reconnu qu’il était le seul coupable. Maintenant depuis aout la machine est bloqué, nos maris ont été reconnu innocent pourquoi on ne les libèrent pas, on va à un an de détention», s’est-elle insurgé.

Face au mutisme dont fait preuve non seulement les autorités judiciaire et les responsables de la BGFI, qui préfèrent laisser croupir des innocents en prison, Marina Rachel épouse Koffi Duhi, l’un des cadres détenu dans cette affaire, n’a pas manqué d’interpeller la justice gabonaise afin de trouver une solution à la situation qu’elles traversent. «Beaucoup n’ont plus confiance à la justice gabonaise, mais je continu à espérer que la vérité soit vraiment mis à nu», a t-elle relevé.

Laissez votre commentaire