Elections 2018: «une foire électorale et un marché d’achats de consciences», selon Guy Christian Mavioga

Guy Chistian Mavioga, secrétaire général exécutif du Bloc démocratique chrétien (BDC) © GMT

A l’occasion de la conférence de presse qu’il a animée le mercredi 31 octobre dernier, au siège de son parti, le Bloc démocratique chrétien (BDC), Guy Christian Mavioga a qualifié de farce les dernières élections législatives et locales au terme desquelles le Parti au pouvoir a raflé la majorité des sièges de députés et conseillers municipaux et départementaux.

Faisant le bilan des dernières joutes électorales au terme desquelles son parti n’a pas obtenu de député mais seulement quelques conseillers départementaux, Guy Christian Mavioga a fustigé leur déroulement. Pour lui, les élections locales et législatives n’auront été qu’une « une foire électorale et un marché d’achats de consciences qui qui, malheureusement, n’a pas permis au BDC d’être à l’Assemblée nationale ».

En effet, les campagnes électorales du premier et du second tours des législatives ainsi que celles des locales ont été parsemées de transports d’électeurs, notamment à Mbigou où l’un d’eux a trouvé la mort dans son sommeil alors qu’il avait quitté son quartier du 3ème arrondissement de Ntoum pour aller voter en faveur du candidat PDG sur le 2ème siège du département de la Boumi-Louetsi, ou encore à Fougamou où plusieurs sources rapportent que des bus Toyota de type coaster avaient été loués pour le transport de pas moins de 500 personnes pour aller voter, sans compter les liasses de faux billets de 10 000 Fcfa  découverts à Akanda non loin du stade de l’Amitié Sino-Gabonaise.

Guy Christian Mavioga a tout de même félicité « les victorieux » de cette « farce d’élection démocratique », il n’a pas manqué de railler le faible taux de participation qui fait de la majorité obtenue par le Parti démocratique gabonais et ses alliés soutenus par la Coalition pour la nouvelle République (CNR) autour de Jean Ping favorable du boycott « une majorité républicaine et non une majorité sociologique ».

« Vous fustigez la majorité du PDG, mais elle est sans surprise. Le PDG avait le soutien de ceux qui ont prôné le boycott », a-t-il poursuivi avant d’expliquer que « le moyen le plus sûr de tuer l’opposition est que les opposants les plus forts puissent boycotter l’élection afin que le pouvoir en place n’ait pas d’adversaire de taille en face ».

Tirant les leçons de cette expérience dont son parti le Bloc démocratique chrétien n’a pas obtenu d’élu à l’Assemblée nationale pour lui permettre de proposer « les réformes qui lui tiennent à coeur, notamment la suppression de la Vice-Présidence de la République, la réduction des institutions, la revisiter les conditions d’éligibilités au poste de Président de la République etc…», Guy Christian Mavioga a reconnu que l’élection était comme  « un jeu », et qu’il allait  mieux se  « préparer pour la prochaine fois ».

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