Elections 2018: le retour des sacs de riz électoraux

Photo illustrative d'un don de produits alimentaires de Madeleine Berre effectué en début d'année © D.R

C’est sans aucun doute la particularité des processus électoraux en Afrique et plus particulièrement au Gabon, où cette période rime toujours avec ce jeu de dupe proposé par des personnalités politiques de la majorité comme de l’opposition. Alors que s’approche inexorablement la campagne pour les élections législatives et locales, les différents candidats à ces scrutins se donnent à coeur joie à des actions sur le terrain qui pour la plupart semblent entourées du sceau de l’enfumage.

De Libreville à Port-gentil en passant par Franceville ou  Lambaréné,  il n’est plus rare de voir des équipes de candidat aux élections s’agiter en mettant en place des actions visant à séduire leur électorat. Dons alimentaires ou en matériel sous couvert d’aide pour démarrer des Activités génératrices de revenus (AGR), tournois de football, installation de comités de soutien, organisation de journée ville propre sont en général les actions que tous les états majors politiques posent depuis plusieurs semaines en prélude aux élections.

Le plus consternant dans cette situation décriée c’est que certains hommes politiques qui avaient rompu tout lien avec leur base, déserté leurs villages et leurs quartiers, sont désormais de retour pour, une fois de plus, solliciter la voix de leurs concitoyens. Pour les populations, l’heure est à la résignation puisque confrontées à deux choix ultimes, rejeter les dons et autres enveloppes proposés par ces leaders politiques ou faire le choix de la rupture voire de l’alternance. Dans un pays où le taux de chômage atteint les  30 % et où une majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté, le choix est vite fait « ventre affamé n’a point d’oreille » dit un adage populaire.

Dans ce cercle vicieux qui s’est installé depuis plusieurs décennies, les promesses de lendemain meilleur, de réalisation de projet communautaire ou même de « développer la localité » sont légion dans la bouche des politiques. Les sacs de Riz électoraux refont leur apparition pour cette période qui rime avec festivité pour le plus grand bien des populations paupérisées volontairement.  

Les populations gabonaises n’étant pas dupes car sachant que cette période est passagère et durera le temps des élections, elles ne peuvent que se résoudre à jouer à ce jeu de dupe, foncièrement malsain et attentatoire à la dignité d’autrui.  Au soir du vote, les rêves et promesses électorales s’ébranleront puis chaque électeur retrouvera sa triste réalité avec les difficultés qui ont toujours été les siennes, tandis que les élus retrouveront leurs privilèges au nez et à la barbe des populations dont les conditions resteront comme d’ordinaire, les mêmes.

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