Elections 2018: le PDG et le CLR s’accusent mutuellement de fraude

Joséphine Kama Dabany et Jean Boniface Assélé © GMT

A peine le scrutin achevé les lendemain électoraux tumultueux que connaît généralement le Gabon semblent une fois de plus à l’ordre du jour. Depuis la fin des opérations comptant pour les élections législatives et locales, c’est à coup de vilains mots que le Parti démocratique gabonais (PDG) et son allié historique le Centre des libéraux réformateurs (CLR) s’accusent de manœuvres frauduleuses laissant dès lors présager d’un divorce entre ces deux formations politiques.

Cette guerre larvée est partie d’un entretien du président du CLR Jean Boniface Assélé sur les ondes de la radio Génération nouvelle, où ce dernier ne s’est pas montré tendre vis à vis de son allié. Il a condamné les manoeuvres frauduleuses orchestrées par le parti au pouvoir en complicité avec le Centre Gabonais des élections.

Selon le leader Célériste, les responsables du CGE auraient truqué les procès verbaux « arguant qu’ils devaient établir un nouveau PV le document étant illisible et que les représentants du CLR devaient le signer à nouveau ». « Je vais au CGE pour savoir si cette pratique était conforme à la loi, ils ont dit non. Pour eux l’objectif était que le candidat PDG au 2ème siège du 3ème arrondissement passe au premier tour. Ils ont voulu nous détruire. Moi je dis non », a martelé Jean Boniface Assélé.

Pis, il a dénoncé les tentatives d’achat de conscience dont il aurait fait l’objet de la part du principal parti de la Majorité républicaine et sociale pour l’émergence (MRSE), qui lui aurait proposé de l’argent pour faire battre Alexandre Barro Chambrier actuellement au coude-à-coude avec le candidat du PDG au 1er siège du 4e arrondissement de Libreville.

Une sortie qui semble t-il n’a pas manqué de faire réagir le Parti démocratique Gabonais, qui a critiqué l’attitude de son allié de toujours. Réponse du berger à la bergère, la soeur de ce dernier, par ailleurs candidate dans la liste aux locales du Parti au pouvoir dans le 3ème arrondissement a pointé du doigt la fraude orchestrée par le CLR. Dans une note vocale devenue virale sur les réseaux sociaux, Joséphine Kama Dabany dénonce « la triche » de cette formation politique. « Mais le CLR ne peut pas être tricheur jusqu’à ce point », a-t-elle lancé. Fustigeant au passage le retrait des noms des représentants du PDG sur la liste des scrutateurs retenus par le CGE.

Une guéguerre qui démontre la fragilité de la  Majorité républicaine et sociale pour l’émergence  dont plusieurs membres s’étaient déjà montrés très critiques vis à vis du parti d’Ali Bongo qui s’illustrait par des pratiques à la limite peu démocratiques.

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