Election 2018: la Cour constitutionnelle en passe d’invalider 170 candidatures

Les membres de la Cour constitutionnelle © D.R

A quelques jours de l’ouverture officielle de la campagne des élections couplées à venir, l’opinion politique gabonaise est tenue en haleine par la décision de la Cour constitutionnelle, laquelle va très prochainement faire la lumière sur le contentieux des listes électorales frappées pour la plupart, de carences et d’incohérences réglementaires.



Cent soixantedix, c’est le nombre pour le moins inédit des requêtes en annulation  pour lesquelles devra se prononcer la Cour constitutionnelle dans les prochains jours. D’ordinaire, à la veille d’une telle échéance politique, jamais la Cour Constitutionnelle ne s’est retrouvée en pareille posture. Les causes? Une méconnaissance accrue des textes de lois et une  invraisemblable légèreté dans la composition des listes par les différents partis politiques.

Il est important de rappeler que la composition des listes dans le cadre d’une élection répond à des exigences réglementaires et juridiques strictes, lesquelles consacrent la validation de celles-ci et donc, leur légalité. Ainsi, l’article 62 alinéa 1 de la Loi 07/96 du 12 Mars 1996 portant dispositions communes à toutes les élections nous édifie sur le caractère formel de l’établissement des listes en exigeant le dépôt d’une « seule et unique » liste de candidatures.

Par ailleurs, l’article 64 de la même loi  va plus loin en restreignant en toute logique, les candidatures doubles qui fausseraient le jeu électoral « Nul ne peut être  pour un même scrutin, candidat sur plusieurs listes ni dans plusieurs circonscriptions électorales ». Seulement, le Centre gabonais des élections (CGE) semble méconnaître ces dispositions au regard des différentes listes incohérentes enregistrées puis illégalement validées.

Comment expliquer cette étrange composition sur le 1er siège du troisième arrondissement de Libreville où Héritage et Modernité (RHM), propose deux de ses poulains sur le même siège à savoir Engozo’o Jean Paulin Damon et Oniane Gervais ? Cette configuration est la même dans le département de la Noyo où à Cocobeach, Beng Eyene Pierre et Ndong Ntoutoume Paul Thomas sont inscrits sur le 2eme siège. A Port-Gentil, c’est au 3e  siège que là aussi, le RHM propose Matendet Nicaise et Moussavou Moussavou Jean Paul.

Même son de cloche dans le 2ème arrondissement de Libreville où Norbert Ngoua Mezui est surpris de composer avec deux suppléants différents. Des irrégularités également  constatées dans les listes des locales où Angoue Mba Jean Hilaire est à la fois tête de liste de l’Union Nationale (UN) dans la département du Haut-Komo et 14e sur la liste de Démocratie Nouvelle.  

Au regard des toutes ces incohérences répétées par plusieurs formations politiques, lesquelles violent les textes en la matière, il est évident que les requêtes  introduites auprès de la Cour constitutionnelle courent le risque d’être majoritairement annulées. Par ailleurs, toutes ces carences soulèvent la question de l’impéritie des formations politiques et du CGE inapte pour les premières, à respecter les préconisations nées du Dialogue Politique d’Angondjé du 12 Avril 2017, inhabile pour le second, à relever les  lacunes évidentes sur les listes préalablement validées.

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