Du rififi autour de la manne pétrolière du Gabon

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Depuis des années, la manne pétrolière du Gabon attise bien des convoitises et fait l’objet de toutes formes d’intrigue de la part de certains acteurs politiques. C’est ce que laisse lire nos confrères d’Echos du nord dans leur parution de ce mercredi 3 janvier 2018, suggérant qu’une guerre larvée se déroulerait actuellement pour assurer le contrôle de la Société nationale en charge de la gestion des parts de l’Etat dans le secteur pétrolier.

Créée en 2011, l’entreprise Gabon Oil company (GOC) serait au centre d’une guerre de chefs avec pour enjeu, le poste de directeur général duquel l’actuel occupant Arnauld Engandji est à évincer, selon «les faucons du pouvoir». Pour preuve, une  cabale avait été ourdi contre ce dernier en reprenant négativement les propos tenus lors d’une réunion au cours de laquelle il fustigeait le recrutement des expatriés pour acclamer l’arrivée d’Ali Bongo lors de son séjour à Paris à l’occasion du One Planet Summit.

Pourtant, au cours de la réunion dont les vidéos ont parcouru les réseaux sociaux, le patron de la GOC avait dénoncé l’escroquerie organisée par certains proches du régime qui avaient promis de recruter des Gabonais en France pour accueillir massivement Ali Bongo, plutôt que des Camerounais, des Congolais, des Maliens, des Sénégalais et des Haïtiens qui étaient mis à contribution; suscitant de ce fait l’indignation d’Arnauld Engadji.

Dans un excès de zèle, certains comptenteurs avaient sauté sur l’occasion pour diffuser la video de cette reunion, esperant ainsi discréditer le directeur de la société nationale petroliere auprès d’Ali Bongo et obtenir sa tête.

Selon l’hebdomadaire, ce complot éventé n’est pas le premier, «cette guerre acharnée ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte à l’année dernière, lors de la cession d’actifs de la compagnie Shell Gabon». «Alors que la bataille faisait rage entre Perenco et le fond d’investissement américain dénommé Carlyle Energy, pour l’acquisition des actifs de Shell Gabon à Gamba, Perenco déjà fortement implanté au Gabon et connaissant très bien le pays, avait tacitement conclu le deal avec la grande bénédiction du ministre du Pétrole de l’époque, Benjamin Ngoubou».

Malgré ce soit disant accord, Carlyle, par l’intermédiaire de l’ancien Directeur général de Tullow Oil Gabon, le Français David Roux, membre de l’équipe montée pour acquérir Shell Gabon, réussira à obtenir l’avis de  non objection de l’Etat quant à la transaction des actifs de Shell au profit de Assala Energy. Il arrivera donc à arracher au forceps le deal des mains de Perenco, avec un coup de pousse de certains de ses acolytes tapis à la présidence de la République.

Après ce coup de maître, les instigateurs de ce complot, adeptes de l’argent facile se seraient donné pour mission de prendre le contrôle de GOC. «Ils bénéficieraient du directeur général des hydrocarbures Vincent de Paul Massassa et d’un ancien responsable de la société, Vivien Amos Péa. C’est un inconditionnel de ce dernier, Pharrell Lindzondzo, qui aurait diffusé la vidéo, à l’instigation de son mentor», révèle Echos du nord.

Aujourd’hui, l’objectif des nouveaux loups affamés est d’être les interlocuteurs de l’Etat gabonais auprès de la société gabonaise de raffinage (Sogara) afin de s’enrichir et de s’accaparer les recettes pétrolières.

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