Droits de l’homme : Francis Nkea vend de  la  poudre de perlimpinpin à Genève

Francis Nkea © D.R

C’est ainsi qu’on pourrait qualifier les affirmations du ministre d’Etat gabonais en charge de la Justice et des Droits humains, Francis Nkea lors de son audition devant les membres du conseil des droits de l’Homme à l’ONU. A cette occasion il a non seulement  réitéré le refus du gouvernement gabonais  sur  l’ouverture d’une autre enquête sur les violences postélectorales que celle ’initiée par la Cour pénale internationale (CPI), et  est également revenu sur la situation des droits de l’homme dans le pays.

Ce mardi 7 novembre 2017, le gouvernement représenté par Francis Nkea Ndzigue a été auditionné par le conseil des droits de l’Homme à l’ONU à Genève, notamment les violences post-électorales intervenues d’août à septembre 2016 au terme de l’élection présidentielle. A cette occasion il a réaffirmé la position des autorités qui ont opposés une fin de non recevoir à l’Union européenne qui demandait l’ouverture d’une enquête indépendante destinée à faire toute la lumière sur ces événements.

Ainsi, il a argué que pour le gouvernement la Cour pénal internationale était la seule instance habilitée à connaître de cette affaire. «Nous ne voyons pas pourquoi l’Union européenne demande une autre enquête internationale. La CPI devrait lancer une enquête dans ce sens, nous attendons ses conclusions pour savoir ce qui s’est passé», a t-il déclaré.

S’en mêlant quelque peu les pinceaux et donnant presque l’impression de faire des aveux, ministre d’Etat en charge des Droits humains, a justifié  la répression violente des manifestations ayant suivi la proclamation des résultats. Indiquant que «l’Etat ne peux pas laisser les malfaiteurs, les malfrats brûler le pays. C’est pour cette raison que (…) l’Etat est obligé de sévir».

Par ailleurs, interrogé sur la situation des libertés individuelles dans le pays, Francis Nkea, s’est évertué à présenter un tableau angelique sur la question. Contrastant avec les arrestations et autres intimidations dont sont victime plusieurs média, il a vanté les mérites du nouveau Code de la communication qui contrairement à ses affirmations suscite une levée de bouclier au sein des professionnels de la presse.

Concernant les conditions d’incarcération dans les prisons gabonaises, le membre du gouvernement a presque présenté ces dernières comme des «Club Med», où il fait bon vivre, alors que de l’aveu d’ancien pensionnaire ces lieux sont décrits comme des véritables enfers sur terre, avec des conditions d’hygiènes inhumaines, la surpopulation et la dégradation des infrastructures. Il a d’ailleurs, révélé qu’une commission de surveillance aurait été mise en place pour s’assurer des conditions d’incarcération sans garantir réellement que celle-ci est à pied d’oeuvre.

Des affirmations, qui pour plusieurs observateurs ne cadre nullement avec la situation réelle droits de l’homme dans le pays, où plusieurs organisations de la société civile n’ont de cesse d’interpeller la Communauté internationale sur la crise sociopolitique.

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