Dix ans d’Ali Bongo au pouvoir : l’analyse de Jean Christian Kombila

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Le Journaliste politique Indépendant Jean-Christian Kombila © D.R.

Clairvoyante. Et de facto porteuse d’une noble ambition. A savoir engager effectivement le Gabon sur le long chemin qui mène  vers la prospérité et la liberté. Telle se présente à l’évidence cette Décennie de Magistère (16 octobre 2009 – 16 octobre 2019 ) d’ Ali Bongo Ondimba. En effet, le moins qu’on puisse reconnaître objectivement est que l’option de développement choisie au sommet de l’Exécutif  n est pas pour les craintifs. Loin s’en faut. Elle est propre au véritable leader, soumis aux critiques de l’opposition, mais qui accepte volontiers de prendre des risques devant le peuple, en étant sans cesse dans l’action pour impulser le lancer de nombreux chantiers à travers le territoire national. 


A cet égard, l’heure du bilan d’étape ayant sonné, il est juste de relever naturellement  le volontarisme dont le chef de l’Etat aura fait montre depuis lors. Objectif affiché : garantir la transformation significative des infrastructures socio-économiques de base pour doper durablement la croissance économique. Pour mieux s’en rendre compte, il faut revisiter sereinement les dates marquantes et historiques de ladite décennie. Mis à part la décision fondatrice d’interdire, dès janvier 2010 l’exportation du bois en grume, afin de favoriser la valorisation  locale et qualitative des essences forestières, une multitude d’actes politiques à fort impact économique et social ont été posés. 

Le plus retentissant, nul doute, concerne la construction du pont d’Omboué, identifié parmi les ouvrages impressionnants de ce type à l’échelle de l’Afrique subsaharienne. En soi, la réalisation de cette seule oeuvre visant relier cette partie du continent au reste du pays, restera dans l’Histoire comme une performance personnelle unique accomplie par Ali Bongo Ondimba. Sa portée globale est considérable. En lui-même, ce pont témoigne de ce souci ardent des plus hautes autorités de l’État de refonder la Nation gabonaise. Le vaste chantier des routes va y contribuer aussi. Tout comme le processus en cours, d’installation des réseaux électriques et des lignes numériques. Ceux-ci sont destinés à alimenter au passage le commerce tout en connectant le pays à la sous-région d’Afrique centrale, voire au reste du monde. 

Cette trajectoire réformatrice constitue au fond l’axe stratégique de l’action politique présidentielle. Le contexte économique difficile aidant, au vu des précarités galopantes qui assaillent le bas-peuple, la lutte contre l’irresponsabilité à l’origine de la cupidité de certains – y compris des  personnalités de premier plan et hauts fonctionnaires ou cadres reconnus comme des  » fonctionnaires » du budget de l’Etat – est le cheval de bataille de la Justice. Mission lui a été donnée par le Conseil Supérieur de la Magistrature de ne pas reculer. L’ enjeu majeur, évidemment, reste l’assainissement des Finances publiques. 

Dans  cette perspective, la Modernité de la vie politique participe de ce renouveau de la nation, du moins grâce au changement nécessaire des pratiques gouvernementales pour accompagner le renouvellement du personnel politique au service de l’Etat. L’ ouverture plus prononcée à l’opposition dite « patriotique et républicaine  » dans le souci de promouvoir un climat socio-économique paisible propice aux affaires et investissements privés est également digne d’intérêt.  Le modèle politique gabonais historiquement réputé consensuel, longtemps enviable dans une sous-région en proie aux convulsions, prescrit dans les faits :  » Exclure durablement  les groupes qui ont perdu ( une élection) nuit de toute évidence à la démocratie (gabonaise ) au sens premier du terme.

A cette aune essentielle du changement de paradigmes, indispensable  à l’Unité concrète de la Nation, le président de la République s’est vigoureusement  employé à  » démocratiser l’appareil d’État « . Faisant montre d’un rare courage politique, Ali Bongo Ondimba a déployé une grande énergie pour   » déverrouiller  » les postes accaparés des décennies durant dans l’Administration publique, et le secteur parapublic, par certaines communautés ethniques au détriment d’autres. 

Ainsi, a-t-on pu voir par exemple des natifs du Woleu-Ntem (Raymond Ndong Sima et Daniel Ona Ondo) être promus au « 2 »  Décembre, jadis exclusivement « réservé » aux fils de l’ Estuaire. Ce, nonobstant le fait aussi notoire, qu’avec le choix, aujourd’hui de Julien Nkoghe-Bekale comme Chef du gouvernement,  tenu de hâter l’effectivité des politiques de solidarités, et en faire une dimension cruciale de son action, la tradition est de retour. Qu’à cela ne tienne, plus rien ne sera comme avant. De même voir débarquer à Paris, un natif de la Nyanga ( Ngoyo MOUSSAVOU) ou Flavien Enongoué (Ogivin) comme Ambassadeurs -.Hauts Représentants, du Gabon en France,  s’inscrit dans cette révolution positive silencieuse en marche dans le pays. 

Enfin, bien sûr, pareilles promotions spectaculaires de cette veine touchent l’ensemble des échelons dans tous les secteurs. Ces initiatives profondément mûries, projetant « Notre futur commun » pour figurer sans nuage ombrageux en première ligne des Nations civilisées, ouvertes aux migrations historiques des peuplements divers en interne, témoignent d’ une réelle détermination à faire évoluer les  mentalités pour l’Égalité des chances et donner sens à la Justice sociale. 

Ce faisant, à maints égards, l’actuel chef de l’Etat est un véritable  précurseur. Dorénavant, sous un ciel politique plus ou moins orageux, faisant face à une adversité multiforme, on note à travers la nouvelle dynamique de l’institution présidentielle, se déplaçant du front de mer pour aller à la rencontre du peuple, que la présidence de la République entend redevenir le principal catalyseur des attentes légitimes et pressantes de la Nation.

Jean Christian Kombila 

Journaliste Indépendant et Analyste politique. 

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