Dissolution du gouvernement : Nkoghe Bekale à fleur de peau, répond à Guy Nzouba Ndama

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Le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale © D.R.

Le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale se sent-il en danger ? La question vaut effectivement son pesant d’or tant l’homme fort de Ntoum a réagi presque épidermiquement à la sortie de Guy Nzouba Ndama, président du parti Les Démocrates (LD) qui à l’occasion de la rentrée politique de sa formation politique, a égratigné le Chef du gouvernement actuel en lui reprochant le fait d’avoir, par ses agissements, ringardisé la fonction ministérielle en faisant allégeance à l’ex-Directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga. 


Décidément, l’évocation aujourd’hui pour Julien Nkoghe Bekale, du nom de l’ex-ministre du Suivi de la stratégie des investissements humains et des Objectifs de développement durable Brice Laccruche Alihanga écroué à la Prison centrale de Libreville pour des faits supposés de malversation financière, semble provoquer chez lui affolement et irritabilité. On pourrait presque l’entendre horripiler à la mention de son lien certain avec l’ex-Directeur de cabinet du président de la République. L’on se demande bien pourquoi, tant son accointance avec BLA ne souffre pourtant d’aucune contestation.

Ce mardi 17 décembre 2019, Julien Nkoghe Bekale est sorti de sa réserve en se fendant d’un tweet pour répondre à Guy Nzouba Ndama qui quelques jours plus tôt à l’occasion de la rentrée politique de son mouvement avait accusé l’actuel Premier ministre, ainsi que plusieurs députés et  autres membres du gouvernement d’avoir « outrageusement » abaissé leurs statuts et fonctions pour faire allégeance à Brice Laccruche Alihanga, l’ancien Directeur de cabinet d’Ali Bongo. 

Que devant les « dérapages constitutionnels occasionnés par le zèle immodéré » de l’ex-Directeur de cabinet du président de la République, Nkoghe Bekale du reste président d’honneur de l’Ajev, s’est vautré incrédule, dans le fauteuille de l’apathie et de la relative prospérité. Raison pour laquelle, pour le président des Démocrates, le gouvernement et l’Assemblée nationale doivent être dissous. 

« Le gouvernement actuel est l’émanation de l’Assemblée nationale, deux institutions légitimes qui travaillent à la satisfaction progressive des préoccupations des Gabonais », s’est empressé de twitter Julien Nkoghe Bekale qui aurait très peu apprécié la sortie de l’ancien président de l’Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama. Et d’ajouter, « Les prochaines élections auront lieu dans 4 ans, l’opposition pourra se soumettre à la sanction du peuple »

Par cette sortie, l’actuel Chef du gouvernement semble dénier au président des Démocrates la véracité de ses propos. Pourtant loin de calomnier, l’ancien cacique du régime désormais opposant, ne fait qu’exposer des faits dont la matérialité peut se vérifier en faisant un flash-back, quelques mois en arrière. L’être humain est réputé avoir par essence, une mémoire sélective, et Julien Nkoghe Bekale semble être le seul à ne plus admettre dans sa mémoire, sa participation, son approbation, mieux son acquiescement dans les agissements aujourd’hui condamnés de Brice Laccruche Alihanga. L’opinion, les Gabonais et l’histoire dont les faits, têtus, sont là pour effecteur une réminiscence au numéro 2  de l’exécutif gabonais qui semble manifestement perdre la mémoire. 

Tout le monde garde à l’esprit la tournée dite républicaine de l’ex « Dircab » pendant laquelle le Premier ministre passif, a cautionné et joué sa partition dans ce déplacement dans « l’hinterland », dont l’étape à Port-Gentil a constitué le point saillant de cette initiative inédite en République gabonaise, prise par un Directeur de cabinet.

 

Tout au long de cette tournée, Brice Laccruche Alihanga acclamé avec ferveur par l’appareil étatique, a outrepassé ses fonctions en déployant derrière lui un protocole digne d’un chef d’Etat. Les préfets, les maires, les gouverneurs, les députés, les sénateurs, les ministres, les hommes en uniforme, les chefs et sous chefs en leurs rangs, grades et qualités ont tous fait allégeance au « messager intime ». Le cas de Port-Gentil a même mis l’économie du pays en pause, le tout sous le regard complice et passif de Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre Chef du gouvernement. 

Non ! Personne n’a oublié. Personne n’a oublié l’étape de clôture de cette tournée polémique quand à l’Estuaire,  devant l’étonnement gêné de l’opinion face à un simulacre de cérémonie traditionnelle dirigée par André Dieudonné Berre, le député de Ntoum a remis fièrement, la torche indigène, à Brice Laccruche Alihanga. Si l’on cherchait une preuve de la participation décisive de Julien Nkoghe Bekale dans la perversion outrancière des valeurs de la République et dans le braquage prétendu des finances de l’Etat par le clan BLA, nous l’avons en grandeur nature dans l’indécente partition qu’il a jouée dans cette tournée par la matérialisation de ce geste en clôture de ladite tournée, brandant par là même, au nom de son allégeance au président de l’Association des jeunes émergents volontaires (AJEV), un attribut de pouvoir hautement symbolique. 

Sur quoi peut donc concrètement s’appuyer Julien Nkoghe Bekale pour tenter de remettre en cause les présomptions fondées de Guy Nzouba Ndama? Cette sortie du député de Ntoum revêt tous les atours  d’une prise de position désespérée, d’un homme inquiet qui défend maladroitement sa peau, conscient de ce que pèse sur lui, l’épée de Damoclès estampillée « Scorpion » . Il est d’ailleurs selon l’opinion, le seul membre de l’Ajev en sa qualité de président d’honneur et donc proche de l’ex Directeur de cabinet du président de la République à ne pas être inquiété par ce scandale politico-financier qui a contraint tous les « BLA-BOYS » et l’état major de ladite association à intégrer Sans famille. 

Pourtant, le quotidien l’Union en évoquant des détournements à hauteur de 85 milliards de la Gabon Oil Company, évocation tirée essentiellement des rapports d’audition des prévenus arrêtés et gardés à vue à la Direction générale des recherches (DGR) de la Gendarmerie nationale, faisait poindre l’idée que ces fonds distraits auraient profité à contenter plusieurs politiques membres du Parti démocratique gabonais (PDG), du parti Les Sociaux démocrates gabonais (SDG) et du parti le Rassemblement pour la restauration des valeurs  (RV). Autant dire que Julien Nkoghe Bekale même conscient de sa fébrilité, ne s’emploie pas pour se faire oublier.

 

Alors qu’il lui avait déjà été reproché de faire la part belle à son clan les Essibekang dans le gouvernement et l’administration, le numéro 2 de l’exécutif gabonais retombe dans les travers du clientélisme en envoyant son directeur de cabinet dossiers en main, exiger que soient intégrés dans les effectifs de l’Agence nationale pour la promotion et des investissements au Gabon (ANPI-Gabon), des individus sélectionnés par ses soins.

 

On croit rêver, alors qu’il s’est luimême posé en chantre de la bonne gouvernance, après avoir exigé de l’administration qu’elle « épouse la culture de la bonne gouvernance », Julien Nkoghe Bekale pourtant conscient de la décision du gèle de recrutement attache du prix à la violation d’une mesure gouvernementale. Dit autrement, le Premier ministre, Chef du gouvernement, celui qui conduit la politique globale de la Nation est pris en flagrant délit de violation d’une décision gouvernementale qu’il a luimême portée et consacrée en usant des vices qui gangrènent la République à savoir la corruption, le clientélisme et le favoritisme,  s’opposant par la même à la vision du Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba qui a fait de  « l’égalité de chance » son projet phare pour un Gabon meilleur. 

Nommé chef du gouvernement sous « le règne du tout puissant DCPR » Brice Laccruche Alihanga au plus fort de l’AVC d’Ali Bongo, Julien Nkoghe Bekale offre la conviction par ses agissements de ce qu’il serait sur la sellette. Sa fébrilité qu’il cache maladroitement et son alarmisme à fleur de peau consacrent ces prétentions.  En pleine opération Scorpion qui a prouvé qu’elle peut balayer les tout puissants d’antan, le député de Ntoum est loin de faire l’unanimité en raison de son passé récent et de ses frasques actuelles.

 

Que penser d’un Chef du gouvernement qui viole insidieusement les mesures gouvernementales tout en posant des actes aux antipodes de la vision du Chef de l’Etat? Est-il digne de gouverner à ses côtés ? Finalement, le procès en erreur de casting fait au Chef de l’Etat sur qui on fait peser la responsabilité de la gestion du pays n’est-il pas justifié au regard de la qualité de ses collaborateurs? A ces questions, l’opinion se chargera d’y apporter des réponses

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