Disparition de 15 millions à la DPI de la Ngounié : Martial Dikinz Kama, pris la main dans le sac ?

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Une vue de la Direction provinciale des impots de la Ngounié à Mouila © GMT

A mesure que les jours passent, on en sait un peu plus sur le détournement présumé du montant de 15 millions de FCFA à la Direction des impôts de la province de la Ngounié. Une affaire qui selon les investigations de Gabon Media Time allierait non seulement des accusations mensongères mais surtout des malversations qui seraient d’une autre nature et qui auraient  été orchestrées par le premier responsable de cette administration. 


En effet, en début de mois, le quotidien L’Union révélait les faits sur le présumé détournement de deniers publics évalués à 15 millions de FCFA au sein de cette administration ainsi que le racket présumés des opérateurs économiques par le moyen des contrôles illicites. Des faits selon le quotidien imputés au receveur principal et le chef de centre de la direction provinciale des impôts de la Ngounié. 

Des faits suffisamment graves qui auraient conduit le gouverneur de cette province, Benjamin Banguebe Mayoubi, à prendre une décision visant sept hauts fonctionnaires de la Direction générale des impôts de la Ngounié. En effet, par décision N° 001/MI/PNG/GAB prise par la première autorité de la province, le directeur provincial  Martial Dikinz Kama, et son adjoint, Raphaël Fils Gildas Dzo, Gildas Amogho Okori, Sosthène Didace Ngayila, Brice martial Ndinga Ndinga, Dieudonné N’na Etogo et Noeline Ndombi ont été suspendu de leur fonction à titre conservatoire. 

Si les faits distillés dans la presse et les réseaux sociaux semblent accabler les fonctionnaires suspendus de cette administration, la réalité semble être tout autre.  En effet, selon les investigations menées par Gabon Media Time tout serait parti de la mise en branle de deux « opérations de recensement, recouvrement et contrôle de la situation fiscale des contribuables » diligentées par la Direction provinciale des impôts de la Ngounié/Nyanga du 21 au 08 novembre 2019 et du 18 au 29 novembre. Des opérations qui ont reçu l’aval du gouverneur Benjamin Banguebe Mayoubi et donc sont frappées du sceau de la légalité puisque bénéficiant d’un ordre de mission daté du 14 octobre 2019 contrairement à ce qui avait été distillé dans l’opinion. i

Au cours de cette mission de contrôle, des scellés seront apposés chez certains opérateurs économiques. Mais chose curieuse, lesdits scellés auraient été retirés par le directeur provincial des impôts  Martial Dikinz Kama sans justification auprès de son équipe. Des faits qui seront d’ailleurs corroborés par trois opérateurs économiques devant le procureur de la République près le tribunal de première instance de Mouila. Un imbroglio qui dénote des agissements pour le moins répréhensibles du patron de cette administration, qui d’ailleurs ne serait pas à ses premiers entrefaits. 

Une affaire qui sonnerait d’ailleurs comme une volonté délibérée du directeur provincial des impôts  Martial Dikinz Kama de régler des comptes à ses collaborateurs. En effet, selon certaines sources proches du dossier, ce dernier ferait l’objet de récriminations de la part de ses agents du fait d’une gestion peu orthodoxe de cette administration. Dans une correspondance signée des agents de cette direction provinciale et adressée au chef de service gestion et du contentieux avec ampliation au ministre  de tutelle le 02 décembre 2019, ces derniers dénoncent la « situation chaotique » orchestrée par le premier responsable de ladite administration. 

Entre absentéisme chronique, la remise en cause systématique du travail de ses collaborateurs, ou encore une gestion peu orthodoxe du budget de fonctionnement, le directeur provincial des impôts  Martial Dikinz Kama s’illustrerait depuis près de 4 ans par un comportement inapproprié en matière de gestion. A cela s’ajouterait d’ailleurs la distraction de plusieurs millions de FCFA par le fait de montage financier. Ce sont donc tous ces griefs qui auraient certainement poussé ce dernier à distiller ses informations erronées afin d’incriminer ses collaborateurs. Nous y reviendrons. 

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