Diplomatie: le président s’autorise à nommer des retraités

Ali Bongo Ondimba © D.R

Le ministre de la Fonction publique, de la modernisation du service public, chargé de la réforme de l’Etat, a soumis au Conseil des ministres un projet d’ordonnance portant modification de l’article 18 du statut particulier des fonctionnaires du Secteur diplomatie, qui l’a adopté en sa séance de ce mardi 27 février 2018. Ce texte prévoit la nomination des diplomates en dérogation  à «tout critère d’âge de départ à la retraite».

En sa séance de ce mardi 27 février, le Conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance modifiant l’article 18 de la loi n°12/96 du 28 février 2000 portant statut particulier des fonctionnaires du secteur diplomatie. Ce changement qui intervient à  la veille de la première session ordinaire du parlement, autorise le président à confier «à toute personne une mission (diplomatique, NDLR) sans qu’il ne soit tenu compte de la limite d’âge fixée par le statut général de la Fonction Publique»

Les nouvelles dispositions de l’article 18 du statut particulier des fonctionnaires du secteur diplomatie confèrent donc au président de la République le pouvoir de nommer des ambassadeurs en dérogeant «à tout critère d’âge de départ à la retraite».

Une réforme à peine entrée en vigueur et déjà critiquée par le Syndicat des agents des Affaires étrangères. Selon Ghislain Boukandji président du SAEE, «c’est une réforme  honnêtement qui n’arrange en rien les problèmes que nous avons aujourd’hui à la maison (ministère des Affaires étrangères, NDLR), notamment l’absence de formation, des conditions de travail ou encore de la prime de servitude diplomatique qui ne nous ait plus versée depuis 2014. Comme vous le constatez, c’est cela le comble dans notre pays. Une fois de plus, ils se sont entendus pour arranger les choses entre eux et pour eux. Nommer des ambassadeurs alors qu’ils sont déjà retraités n’arrange en rien les problèmes de notre ministère», a-t-il dénoncé.

Par ailleurs, un observateur avisé de la vie politique nationale y voit, une issue de secours pour les anciens sénateurs et députés proches du pouvoir qui perdront les futures élections locales et législatives. Ces derniers pourront conformément à l’article 18 susmentionné se voir confier une mission diplomatique.

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