Dieudonné Minlama: «suspendre un organe de presse devrait être le fruit d’un long processus»

Dieudonné Minlama Mintogo

Les sanctions tous azimut infligées aux journaux du groupe Olumambe, éditeur de L’Aube, Moutouki et La Loupe n’ont pas fini de susciter des réactions au sein de l’opinion nationale qui y voit un désir ardent de Haut autorité de la communication (HAC) de restreindre volontairement la liberté de la presse. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire L’Aube, qui a fait son grand retour en kiosque ce lundi 18 février, le président du parti Ensemble pour la République Dieudonné Minlama Mintogo a tenu à lancer un message aux allures de blâme à l’institution en charge de la régulation des médias.



D’entrée de jeu, le leader politique a fait remarquer que lors du dialogue d’Angondjé, il était parmi les personnalités qui militaient pour une réforme du Conseil national de la communication qui devait avoir pour objectif de « rendre cette institution plus démocratique et la mettre sous le contrôle et la gestion des professionnels de la communication ».

Cela procédait de l’idée selon laquelle les communicateurs  « pourraient mieux réguler ce secteur et procéder à un réel renforcement des capacités des acteurs » . Sauf que depuis sa mise en place, la HAC s’est muée en véritable père fouettard de la presse libre, sanctionnant à la pelle de nombreux medias .  « J’ai la grâce de connaître certains dirigeants de cette institution. Dans  un passé récent , plusieurs d’entre eux ont subi les affres du bâillonnement, les censures arbitraires  de la part des maîtres de la pensée unique… Mais je suis désagréablement surpris que ces démocrates et hommes de presse que je connais, s’adonnent à la sanction des médias tous azimut », a-t-il fustigé.

Dans son argumentaire, l’ancien candidat à l’élection présidentielle a relevé qu’un organe de presse est d’abord une entreprise, et que derrière « les articles, reportages et autres, il y a derrière toute une vie, les emplois, les familles ». Il a souligné qu’en décidant de suspendre un journal cela avait une incidence indéniable sur une entreprise et par ricochet sur la vie de dizaine de Gabonais qui se retrouvent par la même occasion au chômage.

Pour ne pas arriver à de tel extrême, le leader politique d’Ensemble pour la République a souhaité que « cette dimension socio-économique soit désormais prise en compte dans les sanctions et décisions de la HAC ». « Que cette institution comprenne que ce ne sont pas seulement les écrits que l’on sanctionne, mais que l’on met également des familles et entreprises en difficultés. Suspendre un organe de presse devrait être la sanction suprême fruit d’un très long processus », a-t-il martelé.

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