Dialogue politique / Phase citoyenne : Bilan singulier avant la clôture

 

Le dialogue politique voulu par Ali Bongo, qui s’est ouvert le 29 mars dernier dans sa phase citoyenne prendra fin dans quelques jours. Durant cette période dédiée​ à la société civile, c’est près de 469 représentants​ d’associations qui se sont exprimés​ pour apporter des propositions sur les questions sociales​  économiques​ et politiques​ du pays.

Après 54 séances de travail, réparties entre 4 panels, portant notamment sur la réforme des institutions et la consolidation de l’état de droit; les réformes électorales; la moralisation de la vie publique; et la consolidation de la paix et la cohésion nationale, les participants au dialogue politique ont durant ces deux semaines abordés plusieurs thèmes​ qui touchent à la gestion et à l’organisation du pays. Il était question d’évoquer et de proposer des solutions pérennes pour une meilleure gestion du pays.

Au titre des propositions majeures  qui ont été avancées, on peut noter le déchargement de toutes autres fonctions civiles et administratives rattachées au président de la République, comme l’ANGTI et la présidence du Conseil supérieur de la magistrature. Les participants ont également souhaités l’adoption du scrutin présidentielle à deux tours, avec un mandat renouvelable une seule fois, car souligne un membre de la société civile «la situation de crise que connaît le gabonais, même si beaucoup feignent de l’ignorer découle de l’élection présidentielle du 27 août 2017, il était donc opportun de discuter de cette question afin d’arriver à l’organisation d’élection apaisée».

Dans le même ordre d’idée, le co-président du panel réforme des institutions et  consolidation de l’état de droit, Hubert Aimé Koumba, a souligné que «dans le but de promouvoir l’alternance, la majorité des panélistes a proposé le retour à la Constitution de 1991 qui stipulait que le Président de la République était élu à deux tours pour un mandat de 5 ans».

Cette phase citoyenne a été l’occasion également de soulever la question de la partialité des organes et institutions en charge de l’organisation des élections au Gabon, les panélistes ont de ce fait souligné qu’il était nécessaire de procéder au nettoyage du fichier électoral, avec le retrait des doublons et autres irrégularités observées, mais aussi muer la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP) en Commission périodique et indépendante composée à parité fixe par la majorité, l’opposition et la société civile.

Toutefois, la phase citoyenne du dialogue politique, bien qu’ayant rencontré une adhésion dès son lancement, a suscité quelques réprobation notamment sur le fait que les sujets abordés au cours de ces rencontres tournaient essentiellement autour des questions politique, «nous regrettons que des propositions pertinentes sur les questions économiques et socials n’ont pas été formulées par les participants, les gens étaient plus focalisés sur des questions politiques», nous confiait au sortir du stade de l’Amitié un participant. En outre, une fonctionnaire participante au panel sur la moralisation de la vie publique à fustigé l’attitude de certains représentants d’association, «ils ont désertés les travaux, depuis deux ou trois jours il n’y a plus vraiment d’engouement, apparemment c’est parce qu’ils ont été payés donc ils ne trouvent plus utile d’arriver», a t-elle dénoncé.

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