Dialogue national : quid des préalables soulevés par René Ndemezo’o?

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Le dialogue prôné par Ali Bongo s’est ouvert le mardi 28 mars dernier, avec une cérémonie d’ouverture qui a enregistré la présence des personnalités de la majorité et d’une partie l’opposition. Mais l’opinion se demande si ces assises ne sont déjà pas biaisées, car certains préalables demandés par des partis tel que Démocratie nouvelle ont été purement et simplement ignorés, augurant de ce fait une sorte de monologue du pouvoir.

En effet, annoncé depuis plusieurs mois, le dialogue politique prôné par Ali Bongo se déroule actuellement dans sa phase citoyenne.  Ces assises qui voient la participation d’une frange de l’opposition menée notamment par Pierre Claver Maganga Moussavou et René Ndemezo’o Obiang sont donc le lieu de toutes formes de négociations politiques qui devraient aboutir à d’importantes réformes pour la consolidation de l’Etat de droit et la démocratie.

Toutefois, plusieurs observateurs de la vie politique gabonaise restent dubitatifs, non seulement sur la réelle mise en oeuvre des résolutions qui seront prises lors de cette rencontre, mais aussi, ils doutent de la prise en compte des propositions des membres de l’opposition par le pouvoir. On en tient pour preuve le fait que les préalables avancés par l’un des leaders de l’opposition présent à ce dialogue, en l’occurrence le président de Démocratie nouvelle, René Ndemezo’o Obiang, n’ont jamais été acceptés par les autorités qui conduisent cette grande rencontre.

Pour rappel, le 6 octobre 2016 le leader de Démocratie nouvelle soulignait que «les élections sont terminées…il est désormais important d’explorer toutes les voies permettant à notre pays de sortir de l’impasse, en privilégiant la voie du dialogue et de la réconciliation», mais il expliquait aussi que sa participation procédait de la nécessité de faire libérer les compatriotes interpeller avant et durant la crise post électorale, notamment l’ancien député Bertrand Zibi Abeghe.

Des préalables qui semblent-t-ils ne sont plus d’actualité pour René Ndemezo’o Obiang, puisque la question n’est même plus évoquée par ce dernier. Ce qui laisse croire que la participation de cette frange de l’opposition est motivée par autre chose et que les contributions qu’elle fera restent indéniablement assujetties à l’acceptation ou non de la majorité au pouvoir.

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