DGI: entre gestion scabreuse supposée de Joël Ogouma, aveux sous cap et une autre disparition de 85 milliards

La disparition mystérieuse des 25 milliards de Fcfa dont une partie était destinée à la construction de l’Hôtel des Impôts de Libreville continue d’alimenter l’actualité. Abondamment cité dans cette affaire politico-financière digne des plus grandes séries policières, l’actuel gouverneur de la province du Woleu-Ntem Joël Ogouma continue, lui aussi, d’avoir du grain de sable dans les chaussures. Pour cause, des informations relayées le vendredi 4 janvier par l’hebdomadaire Le Mbandja, corroborées par nos sources, évoquent des aveux de celui qui occupait à l’époque des faits le non moins envieux poste de directeur général des Impôts. Photo instantanée d’un gros scandale d’une République…par terre.


Dans notre publication du 31 décembre 2018 intitulé  « Hôtel des Impôts: des complicités au sommet de l’Etat dans la disparition des 25 milliards ? » nous évoquions déjà l’idée d’une complicité au sommet de l’exécutif, un soupçon aujourd’hui corroboré par l’hebdomadaire Le Mbandja qui dans sa parution N°485 du vendredi dernier voit la main de l’ancien tout-puissant directeur de cabinet du président la République, Maixent Accrombessi. Lequel, selon des sources concordantes, était un fervent soutien de Joël Ogouma, l’ancien Dg des Impôts au moment des faits incriminés supposés.

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C’est lors d’un entretien « en off » dans le parking souterrain d’un établissement hôtelier sis au quartier Glass dans son véhicule de fonction de l’époque, « un Prado grand luxe TX immatriculé 151 », qu’il aurait confié à des confrères – après avoir demandé à son chauffeur et son garde du corps de les laisser un moment – une révélation lourde de sens: « Quand on me dit de donner, je donne ». Et notre confrère de préciser : « Il semble que ce dernier personnage, à la voracité financière sans limite, lui aurait exigé de lui verser sa part du butin ».

Cette affirmation, qui a tout d’un aveu de culpabilité, démontrerait que l’ancien directeur général des Impôts aurait effectivement mis la main sur cette somme faramineuse. Toutefois, l’opinion se questionne encore sur le nombre de personnalités impliquées dans cette affaire puisque lors de la même rencontre secrète, un des confrères a révélé au Mbandja : « Il m’a dit qu’il a également été généreux envers certains hommes politiques ».  

Pis, il y a quelques jours, une nouvelle preuve de la disponibilité avait fait son apparition. Une lettre signée du sieur Ogouma adressée au directeur général des Marchés publics le 16 mai 2012 informait ce dernier sur la fin des examens des « aspects relatifs à l’actualisation des devis, la remise commerciale, la confirmation des variantes et options, et enfin l’intégration du compte au prorata de 2% ».

Dans la foulée, il indiquait que le changement des entreprises adjudicataires, avait permis de réaliser des économies de l’ordre de 752 551 321 Fcfa sur l’enveloppe globale. Questions : A combien se chiffrait cette supposée enveloppe globale pour la construction de l’hôtel des Impôts sur les 25 milliards disponibles dans le compte domicilié à BGFI Bank ? Et quel est le chemin pris par ces 750 millions d’économie ?

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Ainsi, outre notre interpellation au procureur général près la Cour criminelle spéciale qui doit être considérée comme une nécessité pour faire la lumière sur cette affaire rocambolesque, il se dit qu’un sénateur aurait indiqué que dès leur prochaine rentrée, ils feront tout pour interpeller le futur Premier ministre ainsi que le futur ministre de l’Economie afin que la lumière soit faite sur ce dossier qui semble bien étouffé depuis bientôt 4 ans.

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Trop de zones d’ombre à dissiper pour celui qui a offert un feu d’artifice grandeur nature à ses administrés d’Oyem mais dont la justification sur cette affaire est toujours attendue. Pire, dans sa parution du lundi 31 décembre, le trihebdomadaire Echos du Nord rappelait que Joël Ogouma ne serait pas au bout de ses déboires avec l’argent des Impôts, car 85 milliards de Fcfa, issus d’un redressement fiscal, ne sont jamais tombés dans les caisses du Trésor.

Comme on le voit, la gestion scabreuse supposée de la DGI sous l’ère Joël Ogouma risque d’éclabousser plus d’un dans cette République des privilégiés. Et l’actuel gouverneur du Woleu-Ntem pourrait être projeté, malgré lui, au cœur d’un gros scandale d’un Etat bananier. Nous y reviendrons.

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