Développement des OSC: «des efforts à faire», selon Brainforest

Brainforest présente le rapport «Indice de Développement des OSC 2016, pour l’Afrique subsaharienne» © GMT

C’est à la faveur d’une conférence de presse organisée vendredi 04 mai dernier, que l’ONG Brainforest, conduite par son secrétaire exécutif, Marc Ona Essangui, et Ida Bratilova Oye Obame, assistante de projet, a présenté, avec une attention particulière portée sur le Gabon, le rapport intitulé «Indice de Développement des OSC 2016, pour l’Afrique subsaharienne». Ledit rapport présente un outil, de diagnostic de la situation des Organisations de la société civile (OSC), qui se donne pour but d’évaluer la force et la viabilité globale des secteurs des OSC aux 4 coins de la planète.

Voilà 9 ans maintenant que les OSC africaines disposent d’un outil, développé par l’USAID, les permettant de s’auto-évaluer. C’est dans cette optique que l’ONG Brainforest en partenariat avec le Management systems international (MSI), a présenté le 04 mai dernier, un rapport dénommé «Indice de Développement des OSC, pour l’Afrique subsaharienne», comptant pour l’année 2016.

C’est en effet un rapport de 345 pages couvrant près de 31 pays africains au Sud Sahara, que Ida Bratilova Oye Obame, a présenté sous le regard bienveillant de Marc Ona Essangui. Toutefois, pour l’élaboration de cet outil de perception de la bonne santé des OSC, 7 critères fondamentaux ont été pris en compte notamment, l’environnement juridique, la capacité organisationnelle, la viabilité financière, les actions de plaidoyer, la fourniture de services, les infrastructures et l’image publique.

Cette analyse se donne également pour objectif, de suivre et de comparer les progrès des OSC, de renforcer les capacités des entités locales à entreprendre une auto-évaluation et analyse, et de faire comprendre le secteur des OSC aux donateurs, aux gouvernements et aux ONG Internationales.

Pour le secrétaire exécutif de Brainforest, il s’agit là d’un «exercice annuel, qui consiste à cerner les points forts et les points faibles dans la mise en place, et le fonctionnement, d’une OSC». Mieux que ça, ce rapport est une sorte d’«audit des OSC», a-t-il indiqué.

Pour le cas du Gabon, la situation de l’Indice de développement des OSC n’a guère changé depuis 2009. Pour preuve, le rapport de 2016, a attribué la note de 5.4 au Gabon. Cette évaluation, particulièrement accablante, se justifie entre autres, par l’attaque meurtrière au QG de l’opposition, l’arrestation d’un millier de gabonais et quelques leaders de l’opposition et des actes pyromanes perpétrés contre l’Assemblée nationale et la télévision RTN et bien d’autres organes de presse. Des faits qui prouve à suffisance que la viabilité des organisations des sociétés civiles au Gabon reste fortement entravée.

«Les experts ont estimé que notre environnement juridique pouvait être situé à 6.2. Ce qui veut dire que l’environnement dans lequel les ONG évoluent est totalement hostile, malgré le fait que la constitution gabonaise garantie les libertés syndicales et d’associations», a déploré Ida Bratilova.

Ce rapport selon elle renseigne énormément sur les difficultés que connaissent les OSC gabonaises. «Il y’a quand même des efforts à faire au niveau du secteur pour qu’on nous prenne au sérieux, se prendre au sérieux c’est faire le travail pour lequel nous nous engageons. Ce qui n’est pas toujours le cas. Les OSC doivent nécessairement faire une auto-évaluation interne», a-t-elle martelé.

En pleine rédaction du prochain rapport comptant pour l’année 2017, l’ONG Brainforest, entend bien vulgariser celui de l’année 2016. Tout en espérant que cet excellent plaidoyer permettra, cette fois-ci, d’améliorer la prise en compte du travail des OSC et l’atmosphère dans lequel il évolue, surtout dans les pays à forte résonance autocratiques. Car il faut le préciser, la société civile est une des composantes de la société et contribue dans le développement du pays et est reconnue comme le principal outil permettant aux citoyens de participer à la vie démocratique et socio-économique du pays.