Démocratie nouvelle en deux tendances?

René Ndemezo’Obiang et Gervais Amogho © GMT

Crée en prélude de l’élection présidentielle d’août 2016 en vue d’unifier les forces de soutien à la candidature de Jean Ping, Démocratie nouvelle se trouve désormais dans une crise qui présage une scission. C’est ce qu’on peut retenir de la dernière déclaration du mercredi 14 février dernier d’une partie du directoire qui dit ne plus se reconnaître dans la projection et les orientations politiques dictées par son fondateur. Ainsi, deux tendances se dessinent avec précision: une tendance de Ndemezo’Obiang et du collège des vice-présidents dont Gervais Amogho.

À l’entame du point de presse, le collège des vice-présidents a tenu à rendre hommage et demander un minute de silence pour Feu Boussougou Charles fondateur du Conseil du salut de la République (CSR), qui a patriotiquement cédé son parti pour se muer en Démocratie nouvelle, qui est de fait le Fondateur de DN.

Après l’annonce d’une tournée nationale du parti s’étant finalement limitée à deux départements, le Ntem (Bitam) et l’Okano (Mitzic), Démocratie nouvelle a organisé son congrès extraordinaire les 16 et 17 février derniers à l’hôtel boulevard sous l’égide de son président Ndemezo’o Obiang, sans impliquer tout le directoire. Toute chose qui, selon son Vice-président Gervais Amogho, traduit le non-respect, par leur leader, des statuts et règlements qui encadrent juridiquement les activités et le choix de leur formation politique.

Pour le directoire par la voix de Gervais Amogho, contrairement au climat honteux qui règne actuellement au sein de leur parti, «la motivation et l’engouement étaient influencés par la confiance dans l’idéal politique fondé sur un double renouvellement des paradigmes et des générations politiques misant sur le développement humain». On se souvient que la décision de participer au dialogue d’Angondjé et la désignation des acteurs ayant pris part fut l’objet d’une annonce péremptoire et non le résultat d’un travail collaboratif qui avait d’ores et déjà fragilisé le dynamisme des uns et des autres. Du fait qu’à «l’issue des travaux du dialogue d’Angondjé, aucune concertation n’a été organisée pour en faire le bilan et évoquer les suites à donner, à l’occurrence l’éventuelle participation au gouvernement», rajoutent-ils.

De plus, aujourd’hui, nul n’était leur habileté politique Gervais Amogho et les siens ont faillit être poussés à la porte par leur leader politique à qui ils reprochent inutilement «l’absence de collégialité dans la prise de décision engageant le devenir du parti, au profit d’une forme d’auto-délibération confiant à l’autocratie; l’émergence d’un tropisme politique ethno-régionaliste voisinant avec le népotisme dont la conséquence la plus politiquement préjudiciable est de priver le parti d’une envergure nationale et donc républicaine», nous confie une voix au sein de ce directoire.

La tendance que soutient Amogho, estime que l’organisation du Congrès initié par René Ndemezo’Obiang ne respecte pas les statuts et règlements intérieurs et serait en réalité un «camouflage en vue de procéder à une purge soviétique pour faire rendre gorge à tous ceux de ses collaborateurs qui refusent d’adhérer dogmatiquement» à sa vision actuelle du parti. C’est pourquoi, au nombre des actions qu’ils attendent poser, le collège des vice-présidents par Gervais Amogho a déposé auprès du ministère de l’Intérieur un soit transmis de la «motion de censure préjudicielle» et autres documents relatifs au parti suite au Congrès extraordinaire qui s’est déroulé le week-end écoulé.

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