mardi,24 novembre 2020
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De l’avenir en confiance à l’anxiété généralisée: prémices d’une seconde succession dynastique périlleuse au Gabon (suite et fin)

La crise multiforme que traverse actuellement le Gabon, accentuée par l’incertitude qui règne au sommet de l’Etat depuis l’accident vasculaire cérébral le  28 octobre 2018 à Riyad en Arabie saoudite du président de la République Ali Bongo Ondimba n’a pas fini de susciter le débat au sein de la classe politique gabonaise. Dans cette deuxième partie de sa tribune intitulé De l’avenir en confiance à l’anxiété généralisée : prémices d’une seconde succession dynastique périlleuse au Gabon, le juriste et conseiller municipal de la commune de Mekambo Barry Ndimal revient sur les grandes péripéties de l’actualité ayant marqué le sommet de l’Etat et l’équation sur la succession du numéro un gabonais. Ci-dessous l’intégralité de ladite tribune. 

« D’une communication mensongère au discrédit.

C’est  le 24 octobre 2018 à Riyad en Arabie saoudite que le président Ali Bongo est  victime d’un  AVC (Accident Vasculaire Cérébral), il est tout de suite pris en charge une équipe médicale  spécialisée  lui fait subir une intervention chirurgicale au niveau  du cerveau. Sa convalescence doit durer plusieurs mois.

Au Gabon le mutisme des autorités inquiète l’opinion pendant que  la toile  s’enflamme certains  activistes annoncent le décès d’Ali Bongo pendant que d’autres affirment  qu’il est dans le coma et que son pronostic vital est entamé…

C’est donc sous la pression des réseaux sociaux que  le pouvoir  décide malgré lui de communiquer sur l’état de santé du chef  de l‘État. C’est le porte-parole de la présidence, Ike NGOUONI qui est commis à la tâche. Ce dernier essaie  maladroitement  de rassurer  l’opinion en minimisant la gravité de l’état de santé du président. Il parle tout d’abord de « fatigue légère » puis de « fatigue sévère ». On  assiste  donc pendant plusieurs jours à  une bataille  de l’information entre d’une part les autorités officielles et d’autre part  les activistes  de la diaspora.

C’est le 11 Novembre 2018 soit treize jours après l’AVC  du président que le pouvoir toute honte bue, se résout  enfin à reconnaître la gravité de la situation sanitaire du chef de l‘État. La communauté nationale apprend dans une formulation laconique  que le président de la république a subi une intervention  chirurgicale.

Les atermoiements et la tentative éhontée des autorités gabonaises de masquer la vérité sur l’état de santé d’Ali BONGO  ont davantage discrédité  le régime aux yeux de l’opinion. Le pouvoir ayant perdu la bataille de l’information  face  aux activistes de la diaspora. désormais  les propos  d’un Jonas MOULENDA ou  d’un Parfait  ont plus d’écho  que ceux d’un membre du gouvernement  ou d’un membre du cabinet du président de la République. 

Dans ce climat de perte de confiance des gouvernés envers les gouvernants, à côté  du discours  des autorités selon lequel le président s’est rétabli et est aux commandes de l’État, se développent deux   discours  différents de celui  des officielles gabonais. D’abord le discours  de  l’opposition et la société civile dont le regroupement « appel à agir » est le porte-voix ce dernier soutient la thèse selon le président Ali Bongo n’est plus en capacité de diriger le pays en posant la question « qui dirige le Gabon ? »,  ensuite nous avons  le discours basé  sur  la théorie du «  sosie » développée par certains activistes et par l’ancien vice-premier ministre Bruno Ben MOUBAMBA. Pour ces derniers  Ali Bongo est décédé et celui que le régime nous présente comme étant le chef de l’État est imposteur pourtant un masque en silicone.

De la Bouteflikaïsation  d’Ali BONGO.

Il s’agit de la mise sous tutelle d’Ali BONGO, par les gardiens du régime depuis son retour au Gabon après une période de convalescence au Maroc. 

En effet depuis lors nous avons assisté dans un premier temps à la mise à l’écart progressive et méthodique des proches du chef l’État le plus emblématique dans cette épuration a été  la mise en retrait   de son homme de main de toujours le Sud Coréen Park. Au sein du gouvernement, ses amis et fidèles sont débarqués de leurs fonctions  : feu Emmanuel  ISSOZE NGONDET, Guy Bertrand MAPANGOU, Régis IMONGAULT, Ali AKBAR ONANGA…, les alliances politiques nouées par Ali Bongo  sont défaites : le ministre du CLR sort du gouvernement, pierre claver MANGANGA MOUSSAVOU est limogé du poste de vice-président sans ménagement.

Dans un second temps, nous avons assisté au remplacement de tous les chefs de corps des forces de défense et sécurité  ainsi qu’au remplacement  de tous les directeurs généraux des sociétés et organismes d’État.

En outre, L’abandon par le gouvernement  de la rhétorique du « Gabon émergent » chère  au chef de l’État, la suppression  de la coordination du plan stratégique Gabon émergent et la dissolution de l’ANGTI laissent penser qu’il y a chez les marionnettistes une volonté de tourner la page Ali BONGO en effaçant lentement et insidieusement tous les symboles de sa gouvernance. 

Par ailleurs, cela fait plus de  deux ans déjà qu’Ali Bongo n’a plus tenu une conférence de presse devant  les journalistes, il ne s’exprime en général que via ses comptes  Facebook et tweeter ainsi que par le biais  de courtes vidéos préenregistrées.

Les audiences du président de la République sont désormais  réduites au stricte minimum ; il ne reçoit que les chefs d’État, les ambassadeurs, les dirigeants de multinationales implantées au Gabon et Certains membres du régime triés sur le volet.

Les cérémonies républicaines sont réduites aux formats les plus courts, n’excédant généralement pas une heure, le protocole d’État n’existe  plus que de nom désormais le président sort et  rentre du Gabon dans l’anonymat, en « clando » au mépris des usages républicains.

Aussi les membres de la famille « biologique » du chef de l’État n’ont plus accès à ce dernier à tel point qu’une délégation de ladite famille  fut contrainte dans une scène ubuesque de faire un sit-in devant sa résidence de la Sablière espérant en vain le rencontrer.

Enfin, la dernière sortie médiatique tonitruante du président du CLR, par ailleurs oncle maternel d’Ali BONGO accusant avec des mots à peine voilés  la première dame Sylvia BONGO et son  clan d’avoir pris en otage son neveu le président Ali BONGO démontre à ceux qui avaient encore des doutes que le président de la République n’est plus aux commandes non seulement de sa famille mais également de la nation et  qu’au sommet de l’État, il y a depuis deux ans des gens qui agissent et décident en lieu et place du chef de l’État dans le but de pérenniser le régime.

Du Successeur naturel Noureddin Bongo Valentin. 

Depuis le retour au pays d’Ali BONGO et sa mise sous tutelle par les siens. Dans les coulisses du pouvoir l’éventualité du retrait d’ALI BONGO de la scène politique gagne du terrain au regard de ses problèmes de santé. dans ce cas figure il faut lui trouver un successeur et commencer à le préparer dans le but de prendre le flambeau de la dictature le moment venu.

Le Gabon étant une monarchie aux yeux de plusieurs membres du régime. C’est donc naturellement que  Noureddin Bongo Valentin, vingt-huit  ans, fils biologique d’Ali Bongo pour certains, fils adoptif  pour d’autres qui est pressenti  pour succéder à son  père  à la tête du pays. Il  vient d’être catapulté Coordinateur Général des Affaires Présidentielles.

Il ambitionne dit-on succéder à son père Ali Bongo comme ce dernier succéda à son père feu Omar BONGO En 2029, lentement mais  sûrement il est en  train de prendre ses marques et place ses hommes dans l’appareil  administratif et institutionnel  du pays après s’être affranchi de son ex mentor BLA (Brice Lacruche Alliangha, ancien tout puissant dircab d’Ali BONGO) et  mis  sous scellé  l’AJEV.

Il semble avoir le champ libre pour succéder au chef de l’État d’ailleurs ses amis et affidés(les nono boys) sont en train  de monter des projets et autres mouvements politiques pour le soutenir le moment le venu.

Cependant plusieurs  interrogations se posent à savoir : comment vont se comporter les caciques et cadres  du PDG après avoir  servi le grand père et le père ?  vont-ils accepter de courber l’échine en servant le petit-fils, un jeune homme immature, inexpérimenté au parcours scolaire et universitaire brumeux pendant que le parti regorge de cadres matures, compétents et expérimentés? 

Le PDG ne risquet-il pas une implosion avec un tel candidat ?

Combien de cadavres le régime devrat-il compter pour imposer au peuple gabonais le très peu apprécié  Noureddin Bongo Valentin ? Pendant ces interrogations taraudent les esprits au sein du pouvoir, un front anti Noureddin se prépare se prépare…

Du redoutable et redouté Omar Denis Junior BONGO ONDIMBA. 

C’est le dernier fils d’Omar Bongo, le petit fils du président congolais Denis Sassou Nguesso. On lui attribue la velléité de se présenter à la future élection présidentielle au Gabon. En effet,  plusieurs  groupes  sur les réseaux  sociaux s’activent et appellent ouvertement à  sa candidature  pour la prochaine élection présidentielle de 2023.

Pour plusieurs Gabonais, c’est le seul capable de barrer le chemin à ceux qui ont  l’ambition d’imposer  Noureddin Bongo Valentin à la tête du pays. Dans cette optique,  plusieurs mouvements s’activent  sur le terrain pour mobiliser et sensibiliser les populations  attendant l’arrivée souhaitée du « messi  » Junior BONGO sur la scène politique.

 Dans les coulisses de la famille présidentielle,  c’est la guerre froide nous apprendt-on entre JBO et NBV ce dernier est décidé  à s’imposer Coûte que coûte et verrait  d’un mauvais œil  l’arrivée probable de son oncle dans l’arène  politique nationale ce qui aurait pour effet de mettre en péril son dessein. 

Une éventuelle candidature de Junior Bongo diviserai non seulement la famille mais aussi le régime  car ce dernier bénéficiera naturellement  des solides  réseaux de son père feu Omar BONGO  aussi bien dans la majorité que dans l’opposition au niveau national et niveau  diplomatique il bénéficiera  de l’appui des réseaux de son grand-père. 

 La guerre des  nerfs  que se livrent actuellement  deux protagonistes a failli tourner au vinaigre  il y a quelques mois lors du séjour  du fils d’Omar Bongo dans sa province d’origine le haut-ogooué. 

En effet  dans un article au titre évocateur publié par Céline Alexandre dans le blogs.mediapart.la journaliste   titrait : «Séjour d’Omar Bongo Junior dans le haut-ogooué : on a frisé l’incident diplomatique ». Aussi Selon l’autodesigné, porte-parole de Junior BONGO,  l’activiste Erwan Bayackoboma, le clan de Nourredin Bongo Valentin  empêcherait son champion Omar Denis Bongo de rentrer au Gabon son pays, démontrant ainsi le climat délétère qui règne au sein la famille BONGO.

Le silence observé par Junior BONGO depuis Brazzaville inquiète plus d’un au sein du pouvoir. S’acheminet-on vers un duel épique et fratricide  entre NBV et  JBO aux prochaines élections présidentielles ? L’éventualité d’un tel scénario crée de l’anxiété …

Du « tout sauf les Bongo » de la peu audible 3ème voix .

La troisième voix, un regroupement de partis et de personnalités politiques autour de son porte-parole Gérard Ella NGUEMA ancien candidat malheureux de l’élection présidentielle de 2016.

Ce regroupement ne se reconnaît ni dans la majorité, ni dans l’opposition. D’où son appellation la 3ème voix. Après plus de cinquante  ans de règne et d’une  gouvernance jugée calamiteuse  de  la famille BONGO, il n’est plus question  d’avoir un BONGO au sommet de l’État au sortir de la prochaine élection présidentielle, d’où  son slogan sans équivoque « tout sauf les Bongo ! ».

Cependant,  ce concept   tarde à  trouver un échos favorable dans l’opinion au regard du peu de crédit que l’opinion accorde aux membres de cette plate-forme. Sont-ils sincères ou est ce simplement un « game » de plus pour attirer  l’attention de la famille BONGO ? Telle est la question que se posent plusieurs citoyens.

D’une opposition à renouveler et d’un leadership à réaffirmer.

Il faut avoir le courage de le reconnaître et de le dire l’opposition est comme tétanisée. Ne pas le reconnaître serait faire preuve de malhonnêteté intellectuelle  et serait une faute politique de notre part. 

Nous avons  galvaudé notre dynamique unitaire d’août 2016 . Majoritaire dans le pays, nous n’arrivons pas à tirer  profit non seulement des nombreuses erreurs du pouvoir et du climat social pourtant  favorable à notre combat. Trente ans après le retour au multipartisme, l’opposition gabonaise  n’arrive toujours à se fédérer et s’organiser de façon efficace et  durable pour faire face au parti-État PDG. L’enjeu pour nous  aujourd’hui  est de réussir à  fédérer, organiser et remobiliser une opposition aux sensibilités diverses et variées  autour de  valeurs communes et d’un programme commun sous le leadership d’une personnalité charismatique et consensuelle.

 

Depuis le coup d’État militaro-électoral  de 2016 l’opposition  n’a pas fait le bilan et tirer  les conséquences de sa nonprise du pouvoir. Aussi elle n’a pas sue se renouveler contrairement au PDG.

Le leader de l’opposition  Jean PING apparaît aujourd’hui éreinté et à bout de souffle. En effet, il est t en résidence surveillée de fait  avec  interdiction de sortie du territoire national. A bientôt soixante-dix- ans il n’incarne plus l’avenir, son aura s’est amenuisée avec le temps  depuis le passage en force d’Ali BONGO. De plus en plus voix s’élèvent pour contester son leadership en lui demandant de  transmettre le témoin à une personnalité plus  jeune.

Du spectre de la division et du repli identitaire dans l’opposition.

Le 16 août 2016  en pleine campagne présidentielle les principaux candidats de l’opposition contre toute attente avaient réussi à s’unir pour faire Front face au candidat du pouvoir. Le principal regroupement de l’opposition issu de cette alliance, la CNR n’est plus que l’ombre de lui-même et l’unité affichée n’est qu’une unité de façade. Les principaux partis que comportait ce regroupement ont progressivement pris leur distance avec la coalition   notamment : UPNR, Les démocrates, UN, US et RH&M.

En prenant part aux dernières élections jumelées d’octobre 2018, élections au cours desquelles des divergences ont écla au sein de  l’opposition concernant la participation ou non à ce scrutin des partis de la CNR.  les principaux partis de l’opposition ayant pris part à ce scrutin sont allés de façon dispersée montrant ainsi à la face  de l’opinion que l’unité affichée en 2018 n’est plus d’actualité. Ainsi il ne serait pas surprenant de voir l’opposition gabonaise aller à la prochaine élection présidentielle en ordre dispersé comme par le passé par la même occasion de voir la problématique du repli identitaire réapparaître  au sein de l’opposition.

Dès lors  chaque région voudra voir son « fils » être  le leader de l’opposition fracturant de ce fait l’opposition  en deux sous ensembles ; une opposition du «  grand nord » et une opposition du « grand sud » comme ce fut le cas en 2009 avec d’une part une coalition de l’opposition autour du candidat André MBA OBAME et une autre autour de Pierre MAMBOUNDOU chacune  d’elles revendiquant la victoire de son candidat.

C’est donc dans ce climat d’anxiété généralisée aussi bien dans la majorité que dans l’opposition que les citoyens scrutent le ciel  gris du Gabon en se demandant  comment  tout ça va se terminer ? »

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