samedi,19 septembre 2020
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David Malpass : «la BAD prête trop rapidement et aggrave l’endettement des pays africains»

Présent à Washington le 10 février dernier lors d’un forum qui réunissait la Banque mondiale dont il est le président, et le Fonds monétaire international (FMI), David Malpass a souligné son inquiétude vis à vis du niveau d’endettement des pays africains. S’offusquant contre la stratégie de la Banque africaine de développement (BAD), le numéro un de l’institution fondée par John Maynard Keynes, a souligné que celle-ci « prête trop rapidement et aggrave l’endettement des pays africains ». 

C’est un gigantesque pavé dans la marre de l’univers économico-financier international, jeté par David Malpass le 10 février dernier à Washington. Au cours de ce forum qui réunissait experts et économistes de la Banque mondiale et du FMI, l’économiste et président de cette institution financière internationale, s’est montré peu élogieux envers l’institution panafricaine dirigée par Akinwumi Adesina. 

En effet, dans cet univers d’ordinaire policé où très peu d’attaques frontales sont enregistrés, l’économiste proche du président américain Donald Trump connu pour son franc parlé, a reproché à plusieurs institutions de développement, dont la BAD, « d’aggraver le problème de la dette des pays africains en octroyant des prêts trop rapidement ». Pointant du doigt la gestion de la BAD au Nigeria et en Afrique du Sud, David Malpass a appelé l’institution à faire preuve « d’une plus grande coordination tout en maintenant des normes élevées de transparence ».

Repris en vol par la BAD qui par le biais d’un communiqué, a notamment fustigé « des propos inexacts, pas fondés sur des faits (…) qui mettent en cause l’intégrité de la Banque africaine de développement », la Banque mondiale a néanmoins touché du doigt une réalité qui obère le développement de nombreux pays africains, à savoir : le risque quasi généralisé de surendettement. 

D’ailleurs, dans ses perspectives 2020 sur l’économie africaine, la BAD souligne elle même qu’entre 2008 et 2018 la dette publique moyenne des pays africains est passée de 38% à 56% du produit intérieur brut (PIB), une décennie marquée par un recours quasi systématique aux emprunts de la part de nombreux Etats africains. Si ces propos vont « à l’encontre de l’esprit du multilatéralisme » comme l’a rappelé la BAD, ils ont cependant eu le mérite de mettre en lumière ce « nouveau piège de la dette » évoqué depuis plus d’un an. 

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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