Crise post-électorale : Le silence complice de l’église catholique

Depuis les violences post-électorales, les évêques, les prêtres et les pasteurs du Gabon, à l’exception du Monseigneur Mathieu Madega et de l’abbé Dimitri Ayatebe, les autres brillent par leur silence complice. Le premier déclarait sur les ondes de RFI le dimanche 18 septembre dernier que « Pour qu’il y ait tranquillité, il suffit que cette vérité objective, facilement vérifiable, soit proclamée. Par contre, déclarer un échoué admis, et un admis échoué, on ensemence un venin difficilement déracinable dans le temps et l’espace ». Le second, le 16 octobre, à l’occasion de la célébration de la fête du 29e dimanche du temps ordinaire affirmait avoir déposé devant Dieu et au nom du peuple, une plainte pour le départ immédiat du «pouvoir dictatorial, cynique, obscur, pervers et meurtrier».

L’opinion s’accorde à dire que le pays tout entier est plongé dans une crise multiforme. Et le silence plus qu’assourdissant des hommes d’église laisse transparaître une complicité qu’il nous incombe désormais de dénoncer.

Victor Hugo disait: « historiquement le prêtre est haïssable. Socialement il est nécessaire.» Effectivement il est nécessaire que le clergé s’implique dans la crise gabonaise. Thierry Alain Moukwangui Madoungou, président du Rassemblement des républicains indépendants  lançait à l’endroit des hommes de Dieu du Gabonau cours d’une déclaration de presse le jeudi 29 décembre dernier « Nous serviteurs de Dieu, enfants de Dieu, chrétiens, musulmans, bwitistes ouvriers de paix et bâtisseurs d’amour pour la nation et pour l’ensemble des fils et filles, d’origine ou d’adoption, vivant au Gabon, décidons de nous unir pour la réconciliation et la paix » précisait-il.

Barack Nyare Mba, citoyen gabonais et blogueur fustige à son tour le silence du clergé, pour lui  « Son silence est incompréhensible. Il ne suffit pas de prêcher la paix dans les églises, il faut la prêcher également en initiant des initiatives de médiation comme en RDC. » avant de se questionner :  « Les gabonais sont divisés entre eux, quel rôle jouez-vous pour les unir? Parlez à Ali Bongo et Jean Ping, jouez de votre influence auprès du peuple. De quoi avez vous peur vu que Le saint esprit est avec vous ? Vous savez que Dieu déteste l’injustice alors agissez. »

La crise actuelle que connaît le Gabon menace très fortement notre paix intérieur et vivre-ensemble. L’église en tant qu’autorité morale ne peut pas se contenter de prêcher dans les églises. Le malaise social qui secoue notre pays est l’affaire de tous. Il est temps que l’église du Gabon se lève et marche comme le souhaitait les très regretté saint père, Jean Paul II.

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