Crise post-électorale : Jean Ping annonce le dépôt effectif d’une plainte auprès de la CPI

Dans un communiqué de presse publié ce jour, l’ancien président de la commission de l’Union Africaine Jean Ping annonce le dépôt par le soin de son conseil maître Emmanuel Altit, Avocat au Barreau de Paris et intervenant devant la Cour Pénale Internationale, d’une plainte sur la table du procureur général de cette juridiction internationale.

En effet, « mandaté par Jean Ping, leader du mouvement démocratique gabonais, ainsi que par des responsables de la société civile gabonaise et par des victimes de la répression dirigée par les autorités gabonaises contre la population » l’avocat au Barreau de Paris, Emmanuel Altit vient de déposer une plainte entre les mains du Procureur près de la Cour Pénale Internationale, Fatou Bom Bensouda.

Ce dossier qui marque une nouvelle étape dans la grave crise qui a secoué le pays après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle est le « fruit de trois mois d’enquêtes menées au Gabon et à l’étranger, qui démontre l’existence de crimes contre l’humanité commis par les Autorités gabonaises », précise le communiqué.

Il poursuit, que « des nombreux témoignages et éléments de preuve rassemblés avec la collaboration d’enquêteurs émanant de la société civile, il ressort que les forces de l’ordre gabonaises se sont livrées, en particulier le 31 août 2016 à Libreville, à une attaque planifiée contre la population civile destinée à permettre le maintien au pouvoir du perdant de l’élection présidentielle, Ali Bongo, et empêcher toute expression démocratique de la population ». Il souligne en sus que «Ces attaques qui ont fait de nombreux morts sont constitutives de crimes contre l’humanité, crimes de la compétence de la Cour Pénale Internationale ».   

Par ailleurs, le communiqué révèle que ces évènements « ont eu lieu au vu et au su des Autorités civiles et militaires françaises », rappelant que ces derniers étaient « informées de l’assaut sanglant donné le 31 août 2016 par les forces de sécurité gabonaises au QG de Jean Ping où s’étaient réfugiées des centaines de personnes, situé à peu de distance du camp français Charles de Gaulle ».

Une révélation qui vient à nouveau pointer du doigt la France, qui comme le rappelle le communiqué n’a pas daigné intervenir face à la répression meurtrière lors de ces évènements sombres.

De ce fait, il conclut en « face à l’injustice et à l’impossibilité de faire valoir leurs droits, le vainqueur des élections présidentielles, Jean Ping, les organisations de la société civile se tournent vers la Cour Pénale Internationale pour que justice soit rendue aux victimes d’une dictature violente et corrompue. Il ne peut y avoir de société pacifiée sans reconnaissance de la souffrance endurée par ses membres, c’est-à-dire sans justice ».

Une annonce qui vient une nouvelle fois mettre à mal l’image du régime d’Ali Bongo Ondimba, auprès de la Cour pénal internationale, cette dernière par la voix de son procureur général, Fatou Bensouda avait déjà annoncé qu’elle allait procéder à un examen préliminaire concernant la situation au Gabon.

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