La Cour des comptes souligne «le caractère irréaliste des prévisions des ressources et des charges» pour l’année 2017

Premier président de la Cour des Comptes Gilbert Ngoulakia et le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale © D.R

C’est dans l’enceinte du ministère de la Défense Nationale ce mercredi 6 mars 2019, que le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale a reçu des mains du Premier Président de la Cour des Comptes, le rapport d’Exécution budgétaire pour l’exercice 2017. Entre loi des finances déficitaires, absence d’évaluation des dépenses fiscales, le rapport souligne « le caractère irréaliste des prévisions des ressources et des charges ».



Voilà qui devrait interpeller au plus haut point les autorités, au sujet de la gestion des ressources de l’Etat. Le rapport d’exécution budgétaire  pour l’exercice 2017 remis par le Premier président de la Cour des Comptes Gilbert Ngoulakia, au Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, souligne de graves manquements en matière d’orthodoxie financière et d’optimisation des ressources de l’Etat.

En effet, le rapport mentionne tout d’abord, une loi de finances déficitaire de 90,67 milliards de Fcfa, tout en faisant apparaître « le caractère irréaliste des prévisions des ressources et des charges, l’absence d’évaluation des dépenses fiscales par la direction générale des impôts, l’importance du poids de la dette ».

En outre, le rapport souligne « les difficultés à procéder à l’évaluation de la performance des programmes, du fait de la non production des projets et des rapports  annuels de performance et la transmission tardive des documents nécessaires au contrôle ». Autant de paramètres qui mettent en lumière, le peu d’orthodoxie financière qui règne au plus haut niveau de l’Etat.

Si le Chef du gouvernement a martelé que son gouvernement et lui  « feront tout ce qui est en leur pouvoir pour respecter les dispositions constitutionnelles, législatives et réglementaires en matière d’élaboration et d’exécution des lois de finances », ce rapport de la Cour des Comptes, laisse planer de sérieux doutes sur l’exécution budgétaire pour l’exercice 2018, marqué par une cure «  inopinée » d’austérité.

Pour rappel, le contrôle de l’exécution des lois de finances, est une mission dévolue à la Cour des comptes par les dispositions combinées des articles 48 et 76 de la Constitution, 76 à 83 de la loi organique n°11/94 du 17 septembre 1994, 8 et suivants de la loi organique n°020/2014 du 31 mai 2015 relative aux lois de finances et à l’exécution du budget de l’Etat.

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