Côte d’Ivoire : et si Guillaume Soro voulait renverser Alassane Ouattara ?

C’est la question qui taraude un peu plus  les esprits des observateurs politiques au lendemain de l’arrestation de Souleymane Kamaraté Koné, le chef du protocole de Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne. Une interpellation qui intervient après son audition dans une affaire sensible de découverte d’une cache d’armes pendant une mutinerie en mai dernier.

Même si jusqu’aujourd’hui, Guillaume Soro s’est réservé d’intervenir sur la question, certaines analyses sont d’accord sur un fait : il ne peut être entièrement écarté de cette affaire, au regard de la proximité qu’il partage avec son désormais ancien chef de protocole. En mai dernier, BBC Afrique rappelle que  plus de 6 tonnes de diverses armes de guerre et des munitions ont été découvertes dans une propriété de Souleymane Kamarate à Bouaké. Le procureur Richard-Christophe Adou devant la presse au palais de justice d’Abidjan le 9 octobre courant avait indiqué que « Souleymane Kamaraté Koné, dit “Soul To Soul”, “a été interpellé ce lundi. Une information judiciaire avec mandat de dépôt a été ouverte contre lui (…) pour complot contre l’autorité de l’Etat ».

Par ailleurs, le procureur a ajouté que « les enquêtes ont également révélé que des personnes avaient été informées de l’existence de ces armes dans la ville de M. Koné et invitées à se servir (…) Leur mise à disposition visant  la déstabilisation de l’Etat ».  Et Africanews de rappeler que « le 12 mai, lors de la mutinerie, des mutins avaient exhibé une partie de ces armes devant des journalistes de l’AFP. Les armes neuves – notamment des kalachnikovs, des munitions et des lance-roquettes – étaient emballées dans des sacs en plastique transparents. Un des mutins avait confié à l’AFP que les armes provenaient de la propriété de M. Koné et que cette cache était connue de “plein de gens” ».

Dimanche dernier, ses camarades de l’Alliance des Forces Nouvelles avaient publié un communiqué dans lequel ils se réservent le droit de  »lancer des mots d’ordre afin de préserver les libertés des Ivoiriens acquises de haute lutte », selon leur porte-parole Sekongo Félicien. Difficile dans cette affaire d’écarter totalement Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion dans la ville de Bouaké (2002-2011), à qui on prête  notamment des intentions de succéder à l’actuel  président ivoirien d’ici 2020.

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