Corruption dans le secteur forestier: le gouvernement à la rescousse des personnalités citées par l’EIA

Le ministre d'Etat, ministre des Forêts et de l'Environnement, chargé du Plan climat Guy Bertrand Mapangou © D.R

Près de 5 jours après la publication du rapport de l’ONG britannique Environmental Investigation Agency (EIA) mettant en lumière les pratiques peu orthodoxes ayant cours dans le secteur de l’exploitation forestière et qui éclaboussent des hauts fonctionnaires de l’administration, notamment l’ancien ministre de l’Economie Forestière, de la Pêche et de l’Environnement, chargé de la Protection et de la Gestion des écosystèmes, Estelle Ondo et l’ancien gouverneur Jacques Denis Tsanga, le gouvernement par le biais d’un communiqué a tenu à rejeter « ces accusations et denoncer la tentative maladroite des auteurs de l’enquête visant à discréditer le Gabon ».



En effet, dans cette enquête menée sur 4 ans, le « Groupe Dejia » fondé par l’homme d’affaires chinois Xu Gong De est présenté comme étant une entreprise ayant développé un véritable système mafieux autour de la récolte, le transport, la transformation et l’exportation du bois en violation de la réglementation forestières et fiscales du pays.

Pis, le rapport de l’EIA révèle que des personnalité administratives et politiques ont été au centre de ce trafic avec le versement de pots-de-vin à ces derniers. Des accusations que le gouvernement par la voix du ministre d’Etat, ministre des Forêts et de l’Environnement, chargé du Plan climat Guy Bertrand Mapangou a balayées d’un revers de la main, estimant que le pays était l’objet d’une machination.

« Pour des raisons qu’on ignore, il apparaît que ce rapport jette insidieusement l’opprobre sur les politiques de gestion des forêts et de transformation de bois menées par notre pays », a-t-il martelé. Il s’est d’ailleurs interrogé sur les « véritables objectifs poursuivis par les auteurs de cette enquête à charge et au caractère inquisitoire, alors que la règle en la matière impose l’impartialité ».

Une position pour le moins curieuse du ministre en charge du département de la Forêts, alors que ce dernier pointait du doigt récemment les « brebis galeuses qui s’adonnent à coeur joie aux activités répréhensibles » au sein de son administration. Un communiqué qui sonne donc comme un soutien aux différents mis en cause dans cette affaire notamment Estelle Ondo, Jacques Denis Tsanga ou même Jean Ping, le dernier ayant reçu un financement durant sa campagne de 2016 de la part de son « neveu » Xu Gong De.

Par ailleurs, comme dans plusieurs affaires du genre le communiqué de Guy Bertrand Mapangou a indiqué que « le gouvernement gabonais a ouvert sa propre enquête afin de recouper ces allégations et se réserve le droit de poursuivre les auteurs de tous ces actes répréhensibles ».

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