Contes gabonais : la revalorisation par intégration dans les programmes scolaires

Le conte était autrefois un aspect ludique dans nos villages. Ce genre littéraire qui était généralement oral dans la société traditionnelle gabonaise tend peu à peu à disparaître avec le risque de voir s’effacer une partie de notre identité culturelle. Toutefois, depuis quelques années, le conte se régénère sous une nouvelle pratique : le néo-contage. Toute chose qui devrait favoriser sa valorisation à travers son intégration dans les programmes scolaires pour faire découvrir aux plus jeunes cette richesse de la culture du Gabon.

Esika en kota, Tsavu en punu ou en Eshira, Ngan en fang ou Insab en langue nzebi, ce genre narratif résiste aux différentes mutations de la société. Très présent dans les traditions des peuples du Gabon, il a bercé la jeunesse de plusieurs générations. De ce fait, il serait nécessaire de susciter l’émulation chez les jeunes pour hisser de nouveau cette partie integrante de notre culture dans nos établissements scolaires, qui valorisent depuis trop longtemps les cultures étrangères notamment, la culture française.

Selon Léa Zame Avezo’o, enseignante des littératures orales au département des Littératures Africaines de l’Université Omar Bongo (UOB) interrogée dans les colonnes du quotidien L’Union, cette revalorisation des contes traditionnels passerait par la promotion du néo-contage.

Il s’agit d’un phénomène moderne qui permet à ce genre de la littérature orale de résister aux soubresauts du modernisme. Si hier le conte était dit au village autour du feu, aujourd’hui le cadre et les circonstances de sa production ont complètement changé. Il est médiatisé, transmis au cours des spectacles, dans les écoles à travers un interprète.
Cette nouvelle approche du conte a d’ailleurs révélé plusieurs noms sur la scène gabonaise, notamment Mathias Ndembet, Michel Pécoinh, ou Michel Ndaot.

Ainsi, la survie et la revalorisation des contes gabonais devraient interpeller les autorités en charge de l’éducation populaire, notamment par l’intégration de ce genre dans les établissements scolaires dès le cycle primaire. Léa Zame Avezo’o suggère donc pour conclure qu’il «devrait y avoir un enseignement sur les traditions orales dans les écoles ».

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